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Géorgie : Saakachvili reconnaît sa défaite aux législatives

Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a reconnu mardi la défaite de son parti aux législatives remportées contre toute attente par le Rêve géorgien, la coalition d'opposition du milliardaire Bidzina Ivanichvili.

 

Bien que M. Saakachvili reste le chef de l'Etat, la défaite du Mouvement national unifié aux élections lundi met fin à la domination de son parti depuis son arrivée au pouvoir en 2003 après la "Révolution de la rose".

"Il est clair que le Rêve géorgien a remporté la majorité" aux législatives lundi, a déclaré M. Saakachvili dans un discours retransmis à la télévision, alors que des résultats partiels publiés au compte-goutte donnent une avance au Rêve géorgien.

"Cela veut dire que la majorité parlementaire doit former un nouveau gouvernement, et moi, en tant que président, conformément à la Constitution, je vais faciliter le processus de manière à ce que le nouveau gouvernement commence à travailler", a ajouté M. Saakachvili.

 

Probable futur Premier ministre, M. Ivanichvili a ensuite appelé M. Saakachvili à quitter la présidence.
"La seule bonne décision pour Saakachvili serait maintenant de démissionner", a déclaré le milliardaire lors d'une conférence de presse à Tbilissi.

 

Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont indiqué que ces élections avaient constitué un "pas important" pour la démocratie, en dépit d'une campagne électorale tendue et du harcèlement d'opposants.

"Les élections législatives en Géorgie ont constitué un pas important dans le renforcement de l'organistaion d'élections démocratiques, bien que certains problèmes clés doivent être résolus" dans cette ancienne république soviétique, a indiqué l'OSCE dans un communiqué.

 

Après le dépouillement des bulletins dans 29,1% des bureaux de vote pour les 77 sièges sur 150 répartis à la proportionnelle, le Rêve géorgien recueille 53,11% des voix contre 41,57% pour le parti M. Saakachvili, a indiqué la Commission électorale de ce pays du Caucase.

La répartition des sièges dépend cependant d'un système électoral mixte qui accorde aussi 73 sièges au scrutin majoritaire, pour lesquels, selon de premiers résultats partiels, le Rêve Géorgien est en tête dans sept des 10 circonscriptions dans la capitale Tbilissi, un bastion traditionnel de l'oppostion.

La participation a été de 61%, selon les chiffres officiels.

Dans l'assemblée sortante élue en 2008, le parti de M. Saakachvili détenait 119 sièges au total sur 150.

 

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a été l'un des premiers à l'étranger à saluer mardi la victoire de l'opposition en Géorgie : "Il y aura des forces plus constructives et plus responsables au parlement", a-t-il déclaré, cité par l'agence russe Ria-Novosti.

 

"Les Géorgiens ont donné l'exemple à la région et au monde en organisant une campagne ouverte, en exprimant librement leurs droits démocratiques, et en insistant sur leur engagement à une transition pacifique", a affirmé pour sa part le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, dans un communiqué.
Selon M. Carney, il s'agit d'une élection "qui fera date dans le développement démocratique de la Géorgie".

 

 

 

Changement démocratique "pour la première fois"

 

Ces élections étaient cruciales pour le chef de l'Etat dans la mesure où des changements dans la Constitution vont accroître les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre en 2013, année qui marquera en outre la fin du second et dernier mandat possible de M. Saakachvili.

Son arrivée au pouvoir en 2003, à la suite d'une révolte populaire baptisée "Révolution des roses", avait aussi été fondée sur la promesse de la démocratie, mise à mal par la suite par des accusations d'autoritarisme lancées par l'opposition.

 

Son rival, M. Ivanichvili, a ainsi estimé que ces législatives permettraient un changement démocratique "pour la première fois" dans l'histoire du pays.

La lutte politique s'était renforcée ces dernières semaines avec la diffusion de vidéos de scènes de torture de détenus dans une prison de Tbilissi.

Le pouvoir avait réagi en remplaçant tous les gardiens de prison par des policiers et en nommant un défenseur des droits de l'homme à la tête des services pénitentiaires, tout en dénonçant une campagne de dénigrement.

Mais le scandale avait donné lieu à des manifestations dans le pays, mettant le pouvoir dans une situation délicate.

 

M. Ivanichvili a aussi accusé le président Saakachvili d'avoir déclenché la guerre avec la Russie de l'été 2008 qui a mené à la perte de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, deux territoires sécessionnistes où Moscou a depuis lors maintenu des troupes.

M. Saakachvili a en retour accusé son rival, qui a fait fortune en Russie dans les années 1990, de faire le jeu de Moscou.

Celui-ci s'en défend, mais prône la reprise des relations diplomatiques avec la Russie, tout en affirmant maintenir l'objectif d'une entrée dans l'Union européenne et l'Otan.

Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a reconnu mardi la défaite de son parti aux législatives remportées contre toute attente par le Rêve géorgien, la coalition d'opposition du milliardaire Bidzina Ivanichvili.
 
Bien que M. Saakachvili reste le chef de l'Etat, la défaite du Mouvement national unifié aux élections lundi met fin à la domination de son parti depuis son arrivée au pouvoir en 2003 après la "Révolution de la rose".
"Il est clair que le Rêve géorgien a remporté la majorité" aux législatives lundi, a déclaré M. Saakachvili dans un discours retransmis à la télévision, alors que des résultats partiels publiés au compte-goutte donnent une avance au Rêve géorgien.
"Cela veut dire que la majorité parlementaire doit former un nouveau gouvernement, et moi, en tant que président, conformément à...