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Culture

Nada Sehnaoui parle avec la ville

Installation À déambuler du côté du centre Starco, vers le square Zaytouneh, on croirait voir des taches rouges qui pointillent d’une manière ludique la grisaille environnante. Nada Sehnaoui y a installé ses grands éléments en bois. Jusqu’au dimanche 14 octobre.
14/09/2012

Elle n’en est pas à sa première installation. Depuis 2001, la plasticienne Nada Sehnaoui se consacre à des interventions sculpturales et urbaines dans des espaces publics préalablement choisis. Un style linéaire, répétitif, aux thématiques récurrentes abordant la mémoire, l’amnésie collective, ainsi que les notions de monument et d’identité. Pour ce travail conçu il y a quelque temps déjà mais devenu possible grâce notamment au soutien de la galerie Épreuve d’artiste, de Solidere et du Prince Claus Fund for Culture and Development, Nada Sehnaoui invite le passant à visiter le labyrinthe de la mémoire. Des unités parallélépipédiques de couleur rouge aux côtés fermés, mais laissant parfois entrevoir une ouverture, une percée, témoignent de notre cloisonnement quotidien. «L’ouverture peut être horizontale, verticale, qu’importe, signale-t-elle, il faut toujours essayer de la trouver.» Et d’ajouter: «Le cloisonnement se situe bien sûr au niveau de la ville, mais également au niveau de notre pensée.» 


Briser les lignes
Nada Sehnaoui s’interroge et questionne la ville qui évolue et vibre au fil des jours. Ses questionnements ne sont pas strictement collectifs, mais bien individuels et personnels. Comment un élément humain peut-il s’imbriquer dans une communauté collective? Et comment cet individu réagit-il aux agressions permanentes qui l’assaillent visuellement, mentalement, ou encore physiquement?
L’artiste ne prétend absolument pas être en possession de la clef. «N’allez pas croire que je possède la réponse, affirme Sehnaoui, ni que j’ai trouvé cette lumière. J’ai toujours tenté de créer dans mes travaux une plateforme de méditation, de réflexion sociale et de confrontation avec le regard des autres. Libres aux spectateurs qui deviennent acteurs dans cette œuvre d’apporter leurs propres réponses ou leurs interactions fugitives ou constantes.»
Cette structure géante, installée cette fois – contrairement aux travaux précédents – dans un lieu parfaitement aménagé et aux contours bien délimités, a besoin des autres pour exister, s’affirmer. Compressée à l’intérieur mais s’ouvrant du côté de la mer, elle permet d’emprunter différents chemins. En déambulant différemment, chacun réaffirme son tracé personnel et s’empare de la ville à sa manière.
Contrairement aux œuvres picturales qui imposent une certaine opinion, les installations se nourrissent des regards multiples et ont des vies différentes. La plasticienne avoue même venir souvent sur le lieu pour changer un cube, éliminer ou ajouter un autre. Elle s’amuse de voir les flâneurs passer en jetant un regard furtif, ou d’autres qui se sont installés au bord de la route en observant ou en contemplant. Ont-ils trouvé leur propre issue de sortie du labyrinthe? Ont-ils vaincu le cercle vicieux pour s’approprier la ligne... brisée?

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SAKR LEBNAN

Elle s'exprime avec son style. Soyons gentils. Au moins, Elle ne provoque personne.

Gerard Avedissian

Colette !
Avons-nous vu la meme chose ?!
La Lumiere au bout du Labyrinthe ???!!! Ou ? Comment ?
Tu parles !
Moi j'ai vu "Le Machin au bout du Machin" avec de minables cubes de bois peints en rouge et disperses un peu partout, et j'avoue n'avoir rien compris !
A chacun son trip n'est-ce-pas ?
Vive la liberte artistique !!!

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