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Culture - Spectacle

Redécouvrir la musique avec le « OK World ensemble »

Après avoir assisté au concert du « OK World ensemble » au DRM, on constate avec plaisir que ce monde, malgré la folie et l’instabilité, est encore « pas mal ». La musique créée par ce groupe réunit et fait rêver.

Un OK ensemble qui a concocté une musique sur mesure. Photo Hassan Assal

Créé en Inde en avril 2012 par deux piliers inamovibles et résistants, le «OK World», produit par le Festival de la musique du monde d’Oslo, a présenté un concert fabuleux et unique organisé par Blue Lyme.
Le public du DRM – panaché de jeunes et de moins jeunes – a assisté hier à la gestation et à la naissance d’une musique. Un plat culinaire aux doux arômes savoureux venant de différents pays et concocté devant l’audience. Non seulement les ingrédients employés étaient servis à l’instant même au goût des musiciens, mais il suffisait de chauffer un peu plus ou un peu moins l’ambiance (tout comme un four) pour que le plat ait une saveur différente.
Le joueur de jazz norvégien Bugge Wesseltoft a parcouru le monde et rencontré des musiciens de toutes parts. Il a compris le rôle rassembleur et salvateur de la musique. Avec son ami le bassiste et flûtiste Shrikanth Sriram, ils ont travaillé ensemble en 2003 sur le projet Ragatronic. En invitant à chaque fois des artistes locaux à les rejoindre sur scène, les deux musiciens découvrent, en direct, des sons nouveaux et des tonalités sans cesse recrées.

Pour un monde plus qu’OK
Sur les planches du DRM, les rythmes énergétiques se mélangeaient ainsi à des mélopées de basse sans «frettes» et de piano. Le batteur africain Amadeu Cossa de Maputo, le percussionniste Khaled Yassine de Beyrouth, le joueur de mridang Vivek Rajagopolan de Mumbai et le guitariste de flamenco Josemi Carmona de Madrid formaient ainsi une chaîne humaine au seul langage musical.
Comment comprendre l’autre? Comment briser les différences linguistiques, culturelles, géographiques et sociales? Comment s’accepter, se rejoindre? Pour le «OK ensemble», pas besoin d’un dictionnaire ou d’un lexique, mais d’une simple gamme, d’un rythme où les sensibilités se cherchent, se retrouvent pour s’unir en toute harmonie. Un clin d’œil par-ci, un geste par-là, une main qui frôle l’instrument ou le violente à loisir deviennent l’alphabet de ces artistes qui partagent des moments instantanés et improvisés, certes, mais aussi leur histoire. Ainsi, lorsque Amadeu Cossa esquissera des pas d’une danse traditionnelle du Mozambique, le public avait l’impression de voir toute l’Afrique danser. Quant à Bugge Wesseltoft, yeux et oreilles du groupe, tel un félin aux aguets, il abandonne son instrument, le piano, pour s’adonner au synthétiseur analogique et intervenir dans les tonalités des autres musiciens en leur donnant une dimension nouvelle. Extatique.
Cette soirée a été remarquable par la leçon de civisme qui a été donnée à la fois par les musiciens et par l’audience. Obéissant à la nouvelle loi entrée en vigueur sur le tabac et avant d’entamer la seconde partie du concert auquel était invité le chanteur Georges Nehmé, les artistes ont accordé au public quinze minutes de repos pour griller une cigarette à l’extérieur. Et toutes les personnes présentes s’y sont soumises. Chapeau.
Créé en Inde en avril 2012 par deux piliers inamovibles et résistants, le «OK World», produit par le Festival de la musique du monde d’Oslo, a présenté un concert fabuleux et unique organisé par Blue Lyme. Le public du DRM – panaché de jeunes et de moins jeunes – a assisté hier à la gestation et à la naissance d’une musique. Un plat culinaire aux doux arômes savoureux venant de différents pays et concocté devant l’audience. Non seulement les ingrédients employés étaient servis à l’instant même au goût des musiciens, mais il suffisait de chauffer un peu plus ou un peu moins l’ambiance (tout comme un four) pour que le plat ait une saveur différente. Le joueur de jazz norvégien Bugge Wesseltoft a parcouru le monde et rencontré des musiciens de toutes parts. Il a compris le rôle rassembleur et salvateur...
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