À moins de cloner Nicolas Nkoulou ou de pirater le compte en banque du président du Paris Saint-Germain, on voit mal comment les dirigeants phocéens vont compenser les départs de plusieurs joueurs-clés cette saison, notamment la petite perle espagnole Azpilicueta, qui a été vendu à peine un peu plus cher que son prix d’achat, alors qu’il en vaut actuellement beaucoup plus. Gérard Julien/AFP
Amour du maillot
« Venir à Marseille est une étape importante dans ma carrière. » Quand il débarque d’Osasuna, son club formateur, méconnu, mais avec l’étiquette de « futur latéral droit de la Roja », César Azpilicueta ne bluffe pas. Le gamin de 20 ans est heureux de venir à Marseille et en Ligue 1, un championnat dont il « connaît toutes les équipes » et dans lequel il compte bien s’imposer. Les débuts de celui qui a coûté un peu plus de sept millions à l’OM sont un peu difficiles. Mais alors que son rendement s’améliore, c’est la tuile. Ligaments croisés face à Montpellier, l’indisponibilité de six mois, bref, la totale. Pas de quoi entamer le moral de celui qui a appris le français à la vitesse grand V. La motivation est toujours là, et malgré le recrutement de Rod « Fort Boyard » Fanni au poste de latéral droit, Azpi revient plus fort.
Devenu incontournable, il sait, à l’orée de la saison 2012-2013, qu’il pourrait ne pas passer l’été. Chelsea a le béguin pour lui, Marseille a besoin de pognon, Azpi est perdu. Perdu, car le gamin, profondément gentil et attaché à son club, est, comme sur le pré, prêt à rendre service.
« Si mon départ peut aider le club à avoir de l’argent, tout le monde y trouvera son compte », avoue-t-il avant d’ajouter qu’il « s’investira sans retenue tant qu’il portera ce maillot ». Alors évidemment, Azpi ne crache pas sur l’opportunité de porter le maillot des Blues. Il faut admettre que l’on a connu pire, comme point de chute. Mais aujourd’hui, le départ de l’Espagnol vers Londres pose un problème que ceux de Didier Drogba ou de Franck Ribéry ne posaient pas. La somme proposée par Chelsea, loin d’être indécente, et la volonté du joueur, qui propose à ses dirigeants à peu près tout sauf un bras de fer, poussent à dresser le constat suivant : à environ huit millions d’euros, avec quelques bonus, l’OM « brade » un joueur d’avenir acheté à peine moins cher, qui pouvait rester au club. La limite de la réalité économique au sein d’un club où la réalité sportive existe également, en somme.
OM : bon à tout, bon à rien
Azpilicueta parti, Mbia en train de faire ses valises, Nkoulou pas insensible aux sirènes du Milan, Rémy courtisé par la Premier League et Raspentino arrivé : que reste t-il de l’OM ? Auteures d’un bon début de saison sur le plan comptable, les ouailles d’Élie Baup vont bientôt être confrontées à la dure réalité du terrain. Fanni, qui dépanne souvent dans l’axe, n’a pas de doublure digne de ce nom au poste de latéral droit.
De quoi transformer la défense phocéenne, clé des succès passés, en véritable courant d’air, notamment sur les côtés. Apparemment plus intéressés par le fait de remettre les finances de l’OM dans le vert – une mission pas forcément moins compliquée que la troisième place – que par le sportif à proprement dit, Vincent Labrune et José Anigo vont bientôt faire tomber le château de cartes.
Sans recrutement, le onze marseillais semblait plus que passable. Avec des départs, la saison, pourtant entamée de la meilleure des manières, pourrait s’avérer périlleuse. À titre d’exemple, quand le banc de l’OM compte aujourd’hui Omrani, Abdullah, Mango et Raspentino, il pouvait s’appuyer sur Morientes, Ben Arfa, Koné, Hilton ou Taiwo en 2009-2010, saison du titre. On en reparlera quand il faudra faire les comptes... en banque comme au classement.


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