Hamlet-Arlequin et le fantôme de son père.
Célébration de la commedia dell’arte
Le fort de cette troupe, qui joue sur l’aspect divertissement, est de percer le drame shakespearien à travers sa gestuelle, son décor, ses masques et autres accessoires puisés dans la galerie de portraits et des rythmes formels empruntés à la commedia dell’arte. «Notre but, explique le concepteur du spectacle, est de dynamiser l’atmosphère tragicomique de la pièce originale (notamment les tourments de Hamlet et la scène des fossoyeurs) en utilisant un ton absurde contemporain pour refléter les angoisses existentielles.» Ainsi, on relève toujours un zest de tension qui parcourt la bouffonnerie comme lorsqu’Ophélia, vêtue d’une camisole de force, exécute un french cancan: une scène plus poignante que farfelue.
La «Faction of Fools Theatre Company » n’en est pas à son premier essai. Elle avait récemment signé Une commedia Romeo et Juliette, un spectacle de 80 minutes qui lui a valu le prix Helen Hayes dans la catégorie récompensant les «Troupes émergentes». On lui reconnaît de célébrer la commedia dell’arte aux USA et dans le monde à travers ses tournées. De même que de préserver et promouvoir ce style de théâtre de la Renaissance en respectant son héritage et en explorant son futur. Cette troupe a fait sien l’esprit de ce genre qu’elle définit «comme traditionnel, mais néanmoins innovant, international, mais néanmoins familier, classique, mais néanmoins accessible à tous. La commedia dell’arte est le théâtre au meilleur de lui-même, avec une discipline physique, une imagination spontanée, une énergie à l’unisson».
Et en avant, masques et bergamasques, gags et autres quiproquos pour explorer les labyrinthes de l’âme universelle, sur un mode d’aujourd’hui!

