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Culture - Spectacle

Confettis, paillettes et absurde avec Harold Pinter...

Pour la seconde pièce donnée dans le cadre du XIVe Festival international universitaire de théâtre, le ton est plus dans le vent et accuse esprit tonique et humeur tout en inventivité scénique des jeunes. Au menu à l’Irwin Hall, « Victoria Station », de Harold Pinter.

Une mise en scène faite de brio, d’audace et de pied de nez aux conventions.

Prix Nobel de littérature, Harold Pinter est un maître pince-sans-rire de l’absurde et de l’incommunicabilité. Cette pièce est servie ici à chaud, avec un humour corrosif et des images drôles, délurées et festives. Un ébouriffant et convaincant détournement.
Une idée bien simple pour un opus bref mais ravageur sur la solitude et la condition humaine. Une condition humaine toujours prise de panique devant les aléas du quotidien avec des dialogues de sourds qui s’entrechoquent comme des boulets, des fétus de pailles ou des houppettes poudreuses.
Sur une scène nue, sur fond de projections d’images pop-art et psychédéliques colorées, deux personnages presque échappés d’un cirque... Elle en clown-princesse-fée avec diadème biscornu en strass, robe longue froufroutante et emplumée et comme une sorte de bureau en bois autour de la taille sous une pluie de confettis et de paillettes, et lui, jeune homme fantasque, sur un vélo à aileron d’avion à la Jules Vernes, cheveux bleu indigo en touffe de punk sur le haut du crâne, torse nu sur une salopette kaki en culotte courte.
Qui sont-ils ces deux farfelus défiant les chapiteaux les plus extravagants?
Un taxi-driver qui reçoit de son office l’ordre de ramasser un client à la station Victoria qu’il ne connaît pas... Pas plus que le client, en fait une cliente, d’ailleurs !
Et s’enclenche, en toute vivacité décapante, un dialogue à fleurets acérés, percutant et électrique, presque hilarant de nervosité, de malentendus, de sous-entendus et de cynisme. Pour des amours imprévisibles et loufoques tout comme ces échanges de propos faussement décousus qui laissent peu de place au silence, mais gardent le courant, parfaitement alternatif, virulent...
Le tout dans un anglais précipité, saccadé, débité en toute aisance dans une célérité de train d’enfer.
Excellente mise en scène faite de brio, d’audace et de pied de nez aux conventions par Alia Samman qui campe, pétillante, tout comme son compère Kalyl Kadri, les deux protagonistes qui débordent, par une prestation prestement enlevée, les feux de la rampe. Pour allumer une salle interactive qui leur est d’ailleurs amicalement acquise et qui n’a pas lésiné sur les acclamations et les ovations parfaitement justifiées. Sans oublier une mention spéciale aux costumes signés Omar Beaini, Awad Awad et Rayan Abed el-Khalek.
Un traitement de choc pour le verbe acide et parfois noir de Harold Pinter, mais qui cravache et valorise habilement un texte bref comme un cri, touchant comme un appel au secours.
Prix Nobel de littérature, Harold Pinter est un maître pince-sans-rire de l’absurde et de l’incommunicabilité. Cette pièce est servie ici à chaud, avec un humour corrosif et des images drôles, délurées et festives. Un ébouriffant et convaincant détournement.Une idée bien simple pour un opus bref mais ravageur sur la solitude et la condition humaine. Une condition humaine toujours prise de panique devant les aléas du quotidien avec des dialogues de sourds qui s’entrechoquent comme des boulets, des fétus de pailles ou des houppettes poudreuses.Sur une scène nue, sur fond de projections d’images pop-art et psychédéliques colorées, deux personnages presque échappés d’un cirque... Elle en clown-princesse-fée avec diadème biscornu en strass, robe longue froufroutante et emplumée et comme une sorte de bureau en...
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