Le roi Abdallah s’entretenant avec Michel Sleiman : une rencontre positive à plus d’un niveau. Photo Dalati et Nohra
Après un bref répit au salon d’honneur, M. Sleiman s’est rendu au palais royal où il a été reçu par le roi Abdallah ben Abdel Aziz qui s’est réuni avec lui sur-le-champ. Ont assisté à la réunion du côté saoudien l’émir Fayçal, l’ambassadeur Assiri et un certain nombre de conseillers, et du côté libanais, le ministre Aridi et l’ambassadeur Nagi Abi Assi.
L’entretien a porté sur les relations bilatérales et les moyens de les consolider. L’affaire des pèlerins a également occupé une place centrale dans les discussions qui ont notamment porté sur l’aide que peut apporter l’Arabie saoudite en vue de leur libération. Il a également été question des derniers développements au Liban et de la relance du dialogue national dans le monde arabe en général.
Une source proche de Baabda a indiqué en soirée que l’entretien a été « plus fructueux qu’attendu ». Il a principalement porté sur trois volets, le premier étant la « position constante de l’Arabie saoudite à l’égard du Liban » que le roi saoudien a tenu à réitérer devant son hôte. Il a notamment insisté sur le fait que l’Arabie saoudite, qui reste prête à aider et soutenir le pays du Cèdre, « se tient à égale distance de tous les Libanais », un message que le monarque wahhabite a probablement voulu véhiculer, notamment à ceux qui avaient interprété dans un sens restrictif la teneur de la lettre envoyée au chef de l’État lors des incidents de Tripoli et dans laquelle il affirmait qu’une communauté principale au Liban (les sunnites) était visée.
Le roi saoudien a en outre salué la tenue prochaine de la table de dialogue, insistant sur la nécessité qu’elle puisse réunir l’ensemble des pôles politiques libanais et souhaitant que le dialogue puisse contribuer à la préservation de la paix civile et de la stabilité « de manière à empêcher que le Liban ne s’enlise dans la crise et dans une situation que ni les Libanais ni ceux qui aiment le Liban ne souhaiteraient », précise la source.
Il a enfin été question des ressortissants saoudiens qui se trouvent au Liban, le roi ayant précisé au chef de l’État qu’il n’a jamais été question de leur interdire de se rendre dans ce pays, mais que les autorités saoudiennes les ont simplement mis en garde contre d’éventuels dérapages.
Comme prévu, les pèlerins captifs en Syrie ont également fait l’objet d’un échange entre les deux hommes. Tout en affirmant à M. Sleiman que l’Arabie saoudite n’a ni information ni contact avec les ravisseurs, le monarque saoudien s’est toutefois engagé à apporter au Liban une aide « morale » et la possibilité d’intervenir auprès de la Turquie qui est plus directement impliquée dans ce dossier.
Convié à la table du ministre Saoud el-Fayçal à l’issue des entretiens, M. Sleiman a pu y rencontrer l’ancien chef de gouvernement Saad Hariri, avec lequel il s’est entretenu des derniers sujets de l’heure, notamment de la situation au Liban et de la table de dialogue.
À ce propos, la source précitée a fait remarquer que le chef de l’État s’est abstenu d’interroger M. Hariri sur sa participation à la table de dialogue, de même que ce dernier n’a pas voulu se prononcer sur la question. M. Hariri a tenu cependant à exprimer devant le président son avis sur le gouvernement, réitérant son souhait de voir un changement gouvernemental pour laisser la place à une nouvelle équipe plus à même de répondre aux dernières évolutions.
Le chef de l’État et la délégation sont rentrés à Beyrouth en soirée.


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12 h 09, le 03 juin 2012