Le président avec les officiers du commandement de l’armée.
M. Sleiman s’est exprimé ainsi hier, dans le discours qu’il a prononcé à Yarzé devant les officiers du commandement de l’armée, en présence notamment du ministre de la Défense Fayez Ghosn et du commandant en chef de l’armée le général Jean Kahwagi.
« Malgré les circonstances exceptionnelles et le caractère délicat de sa tâche, nous parions aujourd’hui sur le rôle de l’armée », a d’emblée déclaré le chef de l’État, qui a abordé indirectement l’affaire du meurtre des deux cheikhs Ahmad Abdelwahed et Mohammad Merheb, en parlant d’« erreurs » qui peuvent être commises aussi bien par les forces régulières que par la population. « L’armée, a-t-il poursuivi, n’a pas besoin d’un avocat de défense. Son commandement est sage et la politique de sacrifices et de loyauté qu’elle suit est une constante. »
En cas d’erreur, a expliqué le chef de l’État, « une enquête est ouverte et les lois sont appliquées ». Affirmant que le mot de la fin appartient en tout état de cause à la justice, il a insisté sur l’application du principe de la récompense et de la punition au sein des forces régulières et sur le fait qu’il serait injuste de ne retenir que les erreurs en évoquant la conduite générale de l’armée et de son commandement.
Dans ce cadre, M. Sleiman a mis en garde contre la diffamation et les complots qui menacent la stabilité et la sécurité. « Nous ne devons pas laisser les complots qui n’ont pas pu atteindre leurs objectifs en temps de guerre réussir en temps de paix », a-t-il averti, avant de relever qu’une des obligations de la troupe est de « protéger la différence et le pluralisme, et de barrer la voie au chaos ». « Personne, a-t-il ajouté, ne peut mettre l’armée dans une situation de confrontation avec n’importe quelle communauté ou groupe. » Dans le même ordre d’idées, il a insisté que le fait que « toute atteinte à la troupe est un prélude à la discorde, au chaos et au succès du complot ourdi contre le pays ».
« Le pays, pas le régime »
Considérant celle-ci comme étant « la colonne vertébrale des institutions libanaises », M. Sleiman a souligné qu’en dépit des propos diffamatoires tenus à son encontre, « la seule réponse possible pour les militaires est de maintenir le courage de leurs convictions, de continuer d’être un rempart face aux discordes camouflées et d’empêcher la politique ou le clientélisme de faire son chemin vers leurs rangs ».
« Notre armée est celle du pays et non pas du régime », a-t-il fait valoir, en affirmant refuser que le Liban soit une « scène ouverte aux conflits ou une plate-forme pour des actes hostiles contre la Syrie ou des États arabes ».
Concernant la reprise du dialogue national, le 11 juin prochain, le président a indiqué que son objectif « n’est pas d’engager un débat stérile, mais de profiter des capacités de toutes les forces civiles qui ont levé l’étendard de la Résistance ».
Le général Kahwagi, qui a également pris la parole, a rappelé les nombreuses et violentes attaques adressées à l’armée consécutivement au meurtre des deux cheikhs, en insistant sur le fait que « les développements des derniers jours ne peuvent en aucun cas affecter son rôle national, son objectivité et sa détermination à préserver la paix civile ».


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