Les douzes joueurs français évoluant à l’étranger retenus pour l’Euro 2012 par le séléctioneur des Bleus Laurent Blanc.
Jusqu’ici seuls Nasri et Benzema ont pris part à une grande compétition avec les A (Euro 2008) alors que les deux autres avaient été systématiquement oubliés et boudés par Raymond Domenech. Ben Arfa avait ainsi été recalé au dernier moment de l’Euro 2008 et du Mondial 2010 après avoir fait partie d’une liste élargie.
Si Domenech s’est longtemps méfié de ces joueurs à fort tempérament, malgré leurs qualités techniques au-dessus de la moyenne, Blanc pourrait donc finir par réparer l’anomalie.
La présence de Benzema (42 sélections, 13 buts) allait de soi, le Madrilène étant cette saison l’un des attaquants les plus efficaces de la planète et José Mourinho en ayant fait son titulaire aux dépens de Gonzalo Higuain. En équipe de France, le sélectionneur, en manque de joueurs de dimension mondiale, a donc logiquement donné les clés de l’attaque à l’ancien Lyonnais. Samir Nasri (28 sélections, 3 buts) a lui aussi profité de l’arrivée de Blanc après le Mondial 2010 pour devenir un cadre bleu. Le joueur de Manchester City a ainsi obtenu et marqué le penalty qui a propulsé la France à l’Euro contre la Bosnie (1-1 en octobre 2011).
Pour Ménez (10 sélections), il aura fallu une saison réussie avec le Paris-SG et quelques exploits en bleu, notamment contre le Brésil (1-0 en amical en février 2011) et la Bosnie, pour le relancer.
Ben Arfa (8 sélections, 2 buts) revient de son côté d’encore plus loin. Buteur lors de la « première » de Blanc en Norvège (défaite 2-1), en août 2010, le joueur de Newcastle avait disparu de l’horizon après une terrible fracture tibia-péroné en octobre 2010. Rétabli au bout d’un an et de nouveau titulaire chez les Magpies, il a effectué une fin de saison époustouflante avec quelques actions de grande classe qui ont fini par convaincre le sélectionneur.
Reste à régler l’épineuse question de la cohabitation. Nasri est en effet taxé d’individualisme et avait été accusé à l’Euro 2008 d’avoir attisé le « conflit de générations ».
« Les problèmes générationnels, c’était une fausse excuse pour cacher les lacunes sur le terrain, s’est justifié Nasri à l’AFP, fin février. C’était facile de dire que les jeunes étaient un problème. Aujourd’hui, le staff est très proche des joueurs, essaie de vivre avec eux. Ce n’était pas le cas avant. Chacun à sa méthode. Domenech était beaucoup plus distant et il ne parlait qu’à certains joueurs. »
Ben Arfa a également longtemps traîné une image de soliste invétéré et ses rapports avec Benzema n’ont jamais été simples, bien que les deux aient été formés ensemble à Lyon.
Tout le monde se souvient de la petite phrase prononcée par Ben Arfa à propos de son ex-coéquipier avant un Lyon-Marseille en 2008 : « Il n’est pas mon ami. » Auparavant, alors qu’ils étaient tous deux à l’OL, Benzema avait ostensiblement ignoré Ben Arfa au moment d’un remplacement, refusant de lui donner une accolade et se dirigeant tout droit vers son banc. Ce qui donne la mesure du risque pris par Laurent Blanc.

