"Nabil Rajab est un prisonnier d'opinion et il doit être relâché immédiatement et sans condition", a indiqué Philip Luther, chef du programme Afrique du Nord/Moyen-Orient à AI.
"Il s'agit de la dernière tentative des autorités bahreïnies pour faire taire les voix dissidentes dans le pays", a-t-il dit dans un communiqué.
Président du Centre bahreïni des droits de l'Homme, M. Rajab a été arrêté samedi à son retour au pays en provenance de Beyrouth et a été placé le lendemain en garde à vue pour une semaine, selon son avocat Mohamed al-Jishi.
Selon des militants, la justice lui reproche des critiques formulées à l'encontre du ministère de l'Intérieur sur le réseau social de Twitter.
M. Rajab a rejeté l'accusation comme "une entrave à son action en matière de défense des droits de l'Homme et à l'exercice de sa liberté d'expression", a rapporté son avocat.
Il a également comparu dimanche dans le cadre d'une autre affaire dans laquelle il est accusé de "participation à une réunion illégale et appels à s'y joindre", selon son avocat. Une nouvelle audience a été fixée au 22 mai dans cette affaire.
M. Rajab et son association défendent la contestation animée par les chiites, majoritaires dans la population, contre la dynastie sunnite au pouvoir. Il avait déjà été arrêté au début de la contestation en février/mars 2011.
La répression du mouvement de contestation, en mars 2011, avait fait 35 morts, dont 5 membres des forces de sécurité et 5 détenus torturés à mort, selon une commission d'enquête indépendante. Selon Amnesty, 60 personnes ont été tuées depuis février 2011.

