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Télé-Liban, victime de l’État... et du public

La nomination du PDG de Télé-Liban : un nouveau face-à-face Sleiman-Aoun ?

Télé-Liban, la chaîne nationale, dépérit aujourd’hui lentement, oubliée (peut-être délibérément) par les responsables. Le budget annuel alloué à cette société commerciale, dont l’État détient l’intégralité des actions, « suffit à peine à payer les salaires et assurer le mazout nécessaire à la marche élémentaire de la chaîne », comme en témoigne le responsable des programmes Hassan Chakour. Même le ministre de l’Information, Walid Daouk, soucieux du redressement de Télé-Liban, est réticent quand il s’agit de demander au gouvernement une rallonge budgétaire au profit d’un plan de réforme de la chaîne. La première demande concrète qu’il ait d’ailleurs adressée au Conseil des ministres à ce niveau, depuis la prise de ses fonctions, remonte à près d’un mois. Lors de la réunion du mercredi 4 avril, le ministre Daouk a en effet proposé d’inclure, dans le mécanisme des nominations administratives préparé par le gouvernement, celles relatives à l’administration de la chaîne (c’est-à-dire les nominations de son président-directeur général et des cinq membres du conseil d’administration).
Rappelons que le mécanisme des nominations administratives prévoit que le Conseil de la Fonction publique transmet une liste de quatre candidats, en base de laquelle le cabinet désigne celui qui occupera le poste en question. La demande de Walid Daouk n’a pas été avalisée, « Télé-Liban étant un office autonome et non un établissement public », explique l’ancien ministre de l’Information Ghazi Aridi. Quoi qu’il en soit, le ministre Daouk avait l’intention de « favoriser le critère de compétence escompté par le nouveau mécanisme des nominations administratives », comme il le confie à L’Orient-Le Jour. Formule implicite pour signifier une tentative de contourner – ne serait-ce qu’en l’apparence – le fromagisme traditionnel qui motive les nominations.
Dans le cas de Télé-Liban, et même si ce dossier est devenu de moindre importance parmi d’autres, comme le reconnaît d’ailleurs l’ancien ministre de l’Information Tarek Mitri, c’est surtout la nomination du PDG qui reste sujet de tiraillements. Mais le ministre Daouk s’est abstenu de donner des détails sur les dissensions entourant la nomination du PDG de Télé-Liban, dont l’échéance est passée depuis 10 ans déjà (l’actuel PDG, Ibrahim Khoury, avait été nommé en 1999 « sur recommandation du directeur des Renseignements Élias Farhat », comme le rappelle la journaliste May Chidiac dans sa thèse inédite « L’intervention de la politique sur l’évolution du paysage télévisuel au Liban »).
Le ministre des Travaux publics Ghazi Aridi, prédécesseur de Walid Daouk, s’exprime plus ouvertement sur ce dossier dont il connaît, depuis plusieurs années, les contours. « Le problème se situe aujourd’hui entre le président de la République Michel Sleiman et le chef du bloc du Changement et de la Réforme le député Michel Aoun », confie-t-il à L’OLJ. Michel Aoun voudrait en effet nommer à la tête du conseil d’administration de Télé-Liban Rafic Chlala, un maronite, alors que ce poste revient à un grec-catholique, comme l’explique Ghazi Aridi. En fait, cette coutume est récente. Elle est la conséquence du maintien pendant treize ans d’un même conseil d’administration, présidé par Ibrahim Khoury, un grec-catholique, alors que le poste revenait traditionnellement à un maronite. Le président Sleiman, sollicité par les dignitaires melkites, a choisi de ménager la communauté en question. Parmi les noms qu’il propose, celui de Talal Makdessi, homme d’affaires originaire de la Békaa, où il s’est porté candidat aux dernières législatives, et qui a fait fortune dans le domaine de la publicité.

S. N.
Télé-Liban, la chaîne nationale, dépérit aujourd’hui lentement, oubliée (peut-être délibérément) par les responsables. Le budget annuel alloué à cette société commerciale, dont l’État détient l’intégralité des actions, « suffit à peine à payer les salaires et assurer le mazout nécessaire à la marche élémentaire de la chaîne », comme en témoigne le responsable des programmes Hassan Chakour. Même le ministre de l’Information, Walid Daouk, soucieux du redressement de Télé-Liban, est réticent quand il s’agit de demander au gouvernement une rallonge budgétaire au profit d’un plan de réforme de la chaîne. La première demande concrète qu’il ait d’ailleurs adressée au Conseil des ministres à ce niveau, depuis la prise de ses fonctions, remonte à près d’un mois. Lors de la réunion du...