Rechercher
Rechercher

Télé-Liban, victime de l’État... et du public

Les idées-forces de trois ministres de l’Information

Mitri valorise les points forts de la chaîne

L’ancien ministre de l’Information Tarek Mitri a présenté un plan de redressement de Télé Liban qui propose « de présenter une TL qui soit un deuxième choix séduisant, une échappatoire des chaînes surchargées de tensions et de partis pris ».
Ce plan vise à valoriser ainsi les points forts de la chaîne. Il préconise de rétablir les bases d’une « télévision publique, informative, documentaire, culturelle, pédagogique », ayant également la particularité, par rapport aux autres chaînes, de s’intéresser aux activités des localités, ou encore de présenter des programmes qui ciblent la diaspora libanaise. Ces points concrets définissent les contours d’une approche que Tarek Mitri veut d’abord réaliste. Dans son projet formé de 27 points succincts, il reconnaît par exemple que « Télé Liban (...) ne peut concurrencer les chaînes privées dans le domaine du divertissement », précisant néanmoins que « cela ne doit pas conduire à rayer les programmes de divertissement de la chaîne ». Ces programmes devraient agrémenter d’autres, pédagogiques ou culturels, qui visent à « renforcer la citoyenneté et l’appartenance nationale unifiée ».

Aridi s’attache au contrôle de la chaîne par l’État

Les autres ministres de l’Information, qui ont tous inclus le redressement de TL dans leur projet, avaient la volonté, sinon le souhait, de la préserver. Mais leurs approches diffèrent. Ainsi, l’actuel ministre des Travaux publics Ghazi Aridi avait proposé, alors qu’il détenait le portefeuille de l’Information, un plan de relance dont il rappelle les points généraux à L’Orient-Le Jour. « Financement de la chaîne exclusivement avec des fonds publics ; gestion du département publicitaire par un partenaire privé qui détiendrait 49 % des parts ; maintien du pouvoir de l’État sur l’ensemble de la chaîne, ce pouvoir étant direct au niveau des informations et programmes de nature politique », affirme le ministre Aridi. Cette approche n’a pu être adoptée en Conseil des ministres, qui lui a préféré un décret de réorganisation avalisé le 8 mars 2002, portant des ajustements insuffisants pour un redressement en profondeur.

Daouk tourné vers le privé

L’actuel ministre Walid Daouk propose une méthodologie nouvelle, tournée vers le privé. C’est à ce niveau qu’il s’efforce d’obtenir un financement, que le Conseil des ministres ne semble pas disposé à lui fournir. Il se tourne vers des sociétés dont il sollicite des films publicitaires, ou vers des consultants qu’il connaît personnellement. Ces efforts restent des bribes d’une réforme globale de la chaîne pour laquelle il semble afficher un zèle particulier. Par exemple, dans la forme, il assure une permanence au siège de TL à Tallet el-Khayat au moins deux jours par semaine, qui incluent parfois les dimanches, afin d’observer de près le fonctionnement de la société. Ce suivi lui permet de combler certaines défaillances : limiter les absences injustifiées des 174 fonctionnaires actuels, veiller à l’entretien des locaux, améliorer les conditions de travail en assurant par exemple un transport accompagné pour les femmes qui travaillent jusque tard dans la nuit... « Les fonctionnaires respectent tous désormais les horaires officiels, c’est déjà pas mal, même si je ne peux contrôler l’efficacité de leur travail », confie Walid Daouk à L’Orient-Le Jour.

Les archives
Le changement profond qu’il escompte a ses fondements ailleurs, notamment au niveau des archives, qu’il décrit comme « le patrimoine de toute une nation ». Ces archives recèlent près de 15 000 heures d’informations et d’entretiens politiques, d’émissions sociales, d’événements culturels, de feuilletons devenus une part de la mémoire libanaise. Mais l’état délabré de ces archives, dont une part minime (qui se trouve à Hazmieh) a été numérisée à l’initiative de l’ancien ministre de l’Information Tarek Mitri, empêche leur exploitation. Le reste est toujours en format cassette, ou bobine, entreposé sans entretien dans l’humidité des étages souterrains de Tallet el-Khayat.
Le ministre Daouk évalue à 2 millions de dollars US le tarif de la remise en état et la digitalisation des archives. Mais cette estimation reste approximative. « J’attends de mettre au point un plan détaillé, que je présenterai en Conseil des ministres. Un projet solide est la seule garantie pour obtenir gain de cause », confie-t-il à L’OLJ. Mais cette affirmation pourrait également être un prétexte, visant à gagner du temps pour la mise en œuvre d’un plan de redressement général qui, à en croire certaines sources, se traduirait bientôt par d’importantes mesures de réformes...

 

S. N.

Mitri valorise les points forts de la chaîneL’ancien ministre de l’Information Tarek Mitri a présenté un plan de redressement de Télé Liban qui propose « de présenter une TL qui soit un deuxième choix séduisant, une échappatoire des chaînes surchargées de tensions et de partis pris ».Ce plan vise à valoriser ainsi les points forts de la chaîne. Il préconise de rétablir les bases d’une « télévision publique, informative, documentaire, culturelle, pédagogique », ayant également la particularité, par rapport aux autres chaînes, de s’intéresser aux activités des localités, ou encore de présenter des programmes qui ciblent la diaspora libanaise. Ces points concrets définissent les contours d’une approche que Tarek Mitri veut d’abord réaliste. Dans son projet formé de 27 points succincts, il...