L'offensive a été menée entre le 22 mars et le 6 avril au moment où "l'envoyé spécial de l'ONU Kofi Annan négociait la fin des combats avec le gouvernement syrien", souligne l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué.
Dans son rapport intitulé "Crimes de guerre à Idleb durant les négociations du plan de paix", HRW affirme se baser sur "des enquêtes sur le terrain menées dans les villes de Taftanaz, Saraqeb, Sarmine et Hazano" dans la province d'Idleb (nord-ouest).
"Alors que les diplomates discutaient des détails du plan Annan, les chars et les hélicoptères syriens attaquaient les villes", écrit Anna Neistat, directrice associée pour le Programme d'urgence à HRW.
"Où que nous allions, nous voyions des maisons incendiées et détruites, de même que des boutiques et des voitures. Nous avons écouté les gens dont les parents ont été tués. C'était comme si l'armée exploitait chaque minute avant la trêve pour faire du mal", ajoute-t-elle en faisant état d'"au moins 95 civils tués".
Dans de nombreux cas, "les incendies des maisons étaient délibérés", et les soldats "ne distinguaient pas entre combattants et civils", selon HRW. Ils "ont arrêté arbitrairement des dizaines de personnes, dont les deux-tiers sont toujours détenues (...). Elles ont été torturées en dépit des promesses du président Assad de libérer les détenus".
Le rapport fait aussi état de "dizaines d'exécutions sommaires, d'assassinats de civils, et de destructions de propriétés civiles que l'on qualifie de crimes de guerres".
"Les combattants de l'opposition étaient présents dans toutes les villes avant les attaques. Ils ont tenté d'empêcher l'armée d'y entrer mais selon des habitants ils se sont rapidement retirés devant les chars et l'artillerie", poursuit HRW.
Depuis le début en mars 2011 de la contestation populaire réprimée par le régime, plus de 11.100 personnes, en majorité des civils, ont péri, selon une ONG syrienne. La révolte s'est militarisée au fil des mois.

