« La bêtise de Terry le prive d’une nouvelle chance » (The Guardian), « La soirée de la honte pour John Terry » (The Times), « Terry rattrapé par ses démons » (The Telegraph) : les plates excuses présentées immédiatement après le match pour son coup de genou dans le dos d’Alexis Sanchez à la 37e minute n’ont pas suffi à incliner la presse anglaise à l’indulgence.
« J’ai vu le ralenti et ce n’est pas joli. Mais je ne suis pas le genre de joueur qui fait mal volontairement. Les gens qui me connaissent le savent », a déclaré le défenseur de 31 ans, faisant preuve, au mieux, d’une grande naïveté.
Car la réputation de l’Anglais a déjà beaucoup souffert cette saison des accusations de racisme dont il répondra devant la justice le 9 juillet, juste après l’Euro, pour avoir insulté le joueur des Queens Park Rangers, Anton Ferdinand, lors d’un match de Premier League.
Avant même le jugement, et bien qu’il nie farouchement tout racisme, l’affaire lui a déjà coûté le brassard de capitaine de l’équipe d’Angleterre.
La double confrontation avec Barcelone lui donnait l’occasion de redorer son blason. Jouant courageusement depuis plusieurs semaines malgré deux côtes fêlées qui le font souffrir le martyre, Terry avait été admirable en défense à l’aller à Stamford Bridge (1-0).
C’est lui, avec l’expérience de ses 85 rencontres disputées en Ligue des champions, qui était censé tenir la barre au Camp Nou, surtout après la blessure de Gary Cahill dès les premières minutes, qui faisait de Terry l’unique défenseur central de métier dans l’équipe londonienne.
Au lieu de cela, le capitaine a « laissé tomber » ses coéquipiers en pleine tempête, comme il l’a lui-même admis, ce qui ne fait d’ailleurs que souligner le côté miraculeux de la qualification des « Blues », menés 2 à 0 à 10 contre 11 et sans défenseur central sur le terrain du champion d’Europe en titre.
Terry n’a pas fini de regretter son geste. Il sera absent le 19 mai à Munich, où il aurait pu tenter d’effacer le souvenir de la funeste séance de penalties de 2008, en finale contre Manchester United. Sous la pluie de Moscou, il avait été l’un des deux « Blues » à manquer son tir au but.
L’entraîneur Roberto Di Matteo s’est efforcé de trouver des excuses à son joueur, soulignant « la pression » à laquelle ses hommes sont soumis « tous les trois jours ». « Nous ne sommes que des humains et nous pouvons commettre des erreurs », a déclaré l’Italien, qui doit prier pour que Cahill récupère de sa blessure aux ischio-jambiers, comme David Luiz, absent contre le Barça, sans quoi on se demande qui jouera en défense centrale à l’Allianz Arena.
Ce ne sera pas le seul problème à résoudre par l’Italien, car les « Blues » seront également privés de Ramires, l’auteur du magnifique but qui a remis Chelsea dans la course, d’Ivanovic, qui aurait pu se substituer à Terry, et de Meireles, tous les trois suspendus.
Les Londoniens n’ont d’ailleurs pas caché leur inquiétude, juste après le match du Camp Nou, à l’image de Didier Drogba : « Nous sommes très contents d’être en finale, mais en même temps nous gardons les pieds sur terre », a reconnu l’Ivoirien, buteur au match.

