En apesanteur! telle est la sensation suscitée par ces corps qui tendent vers le ciel en ne touchant pas terre.
Dans ce travail inspiré du festival de danse Bipod – «Cela fait trois ans que je collabore avec Maqamat et son festival», dira Kesrouani – les corps sur fond blanc, sous le regard du photographe, prennent leur envol.
Éclatées, magnifiées, offertes, torturées, unies ou séparées, les silhouettes prennent leur envol. En circulant dans les couloirs de la banque aux murs parfaitement adaptables à des accrochages artistiques, on aperçoit le travail d’autres artistes qui ont précédé: Nada el-Assaad a rappelé l’objectif de la FFA qui offre à ces talents une autre visibilité de leur travail tout en acquérant à chaque fois une œuvre de l’artiste.
Certificat du mérite au «Premier print awards» pour Monochromes en 2010 et Prix du jury du Salon d’Automne en janvier 2012 pour sa photo grand format « City Hghlights 03 » Joe Kesrouani est un talent incontournable dans la sélection des artistes exposants à la FFA.
Aux temps immémoriaux...
Le corps a toujours été au centre de son travail. «Le corps, ainsi que les reliefs géographiques», ajoutera-t-il. À bien observer les clichés pris par ce photographe peintre de formation architecte (il porte les casquettes à la fois et surfe sur l’une ou l’autre discipline en toute aisance), on comprend que Kesrouani ne fait pas de distinction entre ces deux sujets. Pour lui, le corps est également paysage. Forme, inclinaison, saillie. Ces deux «reliefs» aux contours bien dessinés ont une tâche bien précise au regard de l’artiste. Elles sont une plate-forme de lecture où l’on peut y lire la souffrance comme la joie, les rides du temps comme les intempéries climatiques.
Joe Kesrouani aborde dans Gravity le thème de la création. Six jours et autant de photos, même plus, qui expriment cet espace où le temps n’existait pas encore. Un hors-temps visuel pour la lumière et l’obscurité dans le premier jour où Mia Habis, déesse libellule, dessine des pas en l’air. Pour le second jour, Kesrouani a choisi neuf photos. Les funambules d’un paradis perdu ou retrouvé esquissent des pas qui reflètent tantôt la chute, tantôt l’élévation. Pour le troisième jour, ce sont la terre et les végétaux qui font leur apparition alors que dans cette ronde charnelle du quatrième tableau, la lune, le soleil et les étoiles, s’enroulant l’un sur l’autre et formant un magma de chaleur, brillent de tout leur éclat. C’est au sixième jour que le photographe, dans un magnifique montage qui rassemble différentes positions corporelles reproduit, tel des lettres cunéiformes, des images d’humains et de bêtes. Un kaléidoscope de mouvements qui rappelle que si l’alphabet est la base du langage contemporain, le corps demeure néanmoins l’expression première autour duquel pivotent les sentiments, les émotions et toute nouvelle création.
* Banque FFA (centre de Beyrouth), ouvert au public du lundi au vendredi de 10 heures à 18 heures.
Dans ce travail inspiré du festival de danse Bipod – «Cela fait trois ans que je collabore avec Maqamat et son festival», dira Kesrouani – les corps sur fond blanc, sous le regard du photographe, prennent leur envol.
Éclatées, magnifiées, offertes, torturées, unies ou séparées, les silhouettes prennent leur envol. En circulant dans les couloirs de la banque aux murs parfaitement adaptables à des accrochages artistiques, on aperçoit le travail d’autres artistes qui ont précédé: Nada el-Assaad a rappelé l’objectif de la FFA qui offre à ces talents une autre visibilité de leur travail tout en acquérant à chaque fois une œuvre de l’artiste.
Certificat du mérite au «Premier print awards» pour...

