"La France souhaite, si Kofi Annan s'estime en mesure de poursuivre sa mission, que le plus rapidement possible le Conseil de sécurité puisse adopter une résolution permettant d'envoyer sur le terrain une force robuste d'observateurs (...) pour vérifier sur le terrain la réalité des engagements pris par les parties", a déclaré le ministre à des journalistes après une réunion du G8 à Washington.
Kofi Annan, envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, s'adressera par vidéoconférence, depuis Genève, au Conseil de sécurité jeudi matin à 14H00 GMT pour rendre compte de l'application de l'arrêt des combats que le régime de Bachar al-Assad et l'opposition se sont engagés à mettre en oeuvre à 06H00 locales (03H00 GMT).
L'envoi d'une mission d'observateurs est sujette au respect du cessez-le-feu par Damas, dont "le le régime n'a pas tenu ses engagements jusqu'à aujourd'hui", a observé M. Juppé, qui dit avoir une "confiance extrêmement limitée" dans l'engagement donné par la Syrie de respecter le cessez-le-feu.
Si Kofi Annan estime pouvoir continuer sa médiation, la force d'observateurs de l'ONU qui serait déployée sur le terrain devra être "libre de ses mouvements" et "ne pas dépendre du régime de Damas" pour vérifier sa mise en oeuvre, selon le ministre français.
"Ce mécanisme d'observation sur le terrain nous paraît essentiel et nous avons constaté avec Sergueï Lavrov que nous étions d'accord sur ce point, ce qui est un élément très positif", s'est réjoui M. Juppé.
La Russie, grande alliée du régime de Bachar al-Assad, a bloqué avec la Chine deux résolutions au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression du mouvement de contestation en Syrie. Elle soutient en revanche le plan de Kofi Annan.
Pour le ministre français, "une résolution sur ces bases-là devrait pouvoir être adoptée très rapidement, il faut ensuite que les Nations unies soient capables d'envoyer sur le terrain cette mission d'observation dans des délais très courts".
Si au contraire le régime de Damas n'appliquait pas le cessez-le-feu et que "Kofi Annan estime qu'il n'est plus en mesure de poursuivre sa mission", le Conseil de sécurité "devra étudier d'autres mesures", a-t-il ajouté, sans en préciser la teneur.

