Le négociateur palestinien Saëb Erakat devait rencontrer mardi son homologue israélien, l'avocat Yitzhak Molcho, a affirmé lundi au Caire le président Mahmoud Abbas, selon l'agence officielle Wafa.
"Il y a des préparatifs avec la partie israélienne pour une rencontre entre Saëb Erakat et Yitzhak Molcho très prochainement", a confirmé à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, un dirigeant palestinien.
La dernière rencontre publique entre les deux négociateurs remonte au 25 janvier à Amman, à l'issue d'une série de cinq "rencontres exploratoires" israélo-palestiniennes pour examiner la possibilité d'une relance du processus de paix qui s'était achevée sans résultat tangible.
Selon le quotidien israélien Haaretz, les deux hommes se sont vus secrètement la semaine dernière à Jérusalem pour discuter du contenu d'une lettre que le président Abbas s'apprête à envoyer au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Cette lettre de doléances, qui a pour but de mettre Israël devant ses responsabilités face à l'échec du processus de paix, devrait être finalement remise par une délégation palestinienne la semaine prochaine à la partie israélienne, selon des sources palestiniennes.
Selon le quotidien Haaretz, le ton de la missive, qui contenait à l'origine notamment la menace de dissoudre l'Autorité palestinienne, aurait été atténué à la suite de fortes pressions américaines.
Le président Abbas, cité par Wafa, a toutefois précisé qu'il accuserait dans sa lettre M. Netanyahu d'avoir "fait de l'Autorité palestinienne une non-Autorité".
Le chef du gouvernement israélien a affirmé mardi qu'il souhaitait "reprendre les négociations parce qu'il n'y a pas d'autre moyen de régler le problème".
"Je veux résoudre le conflit avec les Palestiniens parce que je ne veux pas d'un Etat binational", a assuré M. Netanyahu.
Mardi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a déploré l'"impasse dangereuse" dans laquelle se trouve le processus de paix, dans un message aux participants d'une réunion à Genève du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.
"Le Quatuor a fixé à la fin de l'année la date butoir pour trouver un accord. Cela reste l'objectif à atteindre", a-t-il ajouté.
Mais, "parallèlement", a-t-il estimé, "nous devons tous faire notre possible pour renforcer l'Autorité palestinienne, faire avancer la question de l'édification de l'Etat et trouver une solution à la situation financière critique dans laquelle se trouve l'Autorité palestinienne".
Le Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) doit se retrouver le 11 avril à Washington pour tenter de relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes, bloquées depuis septembre 2010.
Les dirigeants palestiniens exigent pour les reprendre qu'Israël cesse la colonisation des territoires occupés depuis la guerre de juin 1967 et accepte les lignes d'avant 1967 comme base de discussions. Israël rejette ces revendications et se dit prêt à des négociations "sans condition préalable".


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