Au total, 17 personnes ont péri à travers le pays: sept soldats, trois déserteurs et sept civils, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Des affrontements opposent depuis jeudi soldats et déserteurs à Aazaz, dans la province d'Alep (nord) près de la frontière turque, "également bombardée et survolée par des hélicoptères de l'armée", a affirmé à l'AFP Mohammad al-Halabi, un militant. Trois soldats, un déserteur et un civil y ont péri, selon l'OSDH.
Aazaz, 75.000 habitants, est la plus grande ville de cette province après la ville-même d'Alep. A 50 kilomètres au nord d'Alep, elle est un enjeu stratégique car de nombreux civils blessés dans la répression ainsi que des déserteurs y transitent pour gagner la Turquie.
Par ailleurs, de violents combats ont éclaté à 16H40 (14H40 GMT) entre des soldats et des déserteurs à Haritane et Anadane, deux villes situées entre Alep et Aazaz, où des chars de l'armée qui se rendaient à Aazaz ont été attaqués et en partie détruits par des militaires dissidents, a ajouté M. Halabi.
"Les forces du régime ont riposté en bombardant Haritane et Anadane", à une trentaine de kilomètres d'Aazaz, a-t-il ajouté.
Deux déserteurs ont péri dans cette attaque, selon l'OSDH.
Parallèlement, l'armée bombardait plusieurs quartiers de Homs (centre), tuant cinq civils, tandis qu'un autre a péri dans la ville proche de Rastane, a affirmé l'OSDH.
Quatre soldats ont péri dans les provinces de Homs et Hama, selon la même source.
A Sarmine, dans la province d'Idleb, les autorités ont tué "plusieurs terroristes armés", a rapporté l'agence officielle Sana, tandis que l'ASL affirme défendre cette ville bombardée et assaillie par les forces du régime.
Dans la capitale et sa banlieue, ainsi que dans d'autres villes, alors que des dizaines de milliers de Syriens étaient descendus dans les rues, les forces de sécurité ont tiré pour disperser les défilés, faisant plusieurs blessés, a rapporté l'OSDH.
A Maaret al-Noomane, ainsi que dans de nombreuses villes de la province d'Idleb (nord-ouest), des manifestations massives ont eu lieu réclamant notamment le jugement des dignitaires du régime qui réprime dans le sang la contestation depuis un an, a précisé l'ONG.
Dans la province de Hama (centre), les forces de l'ordre ont aussi tiré sur des manifestants, a-t-elle ajouté.
Des vidéos de militants ont montré des manifestations dans la province de Deraa (sud) ainsi que dans les régions kurdes du Nord-est.
Certains manifestants réclamaient l'armement des déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL), d'autres scandaient "Ce sont tes derniers jours Bachar" al-Assad, le président syrien qualifié de "tueurs d'enfants".
Des militants ont fait état de rassemblements d'une "ampleur sans précédent" ainsi que d'un déploiement militaire "inédit", notamment à Alep, centre économique et commercial du pays longtemps peu touché par la contestation et désormais gagné par d'imposantes manifestations.
Comme tous les vendredis depuis le début de la contestation, les militants avaient appelé à manifester, cette semaine sous le slogan: "Damas, nous arrivons". La capitale et sa région sont depuis quelques jours le théâtre d'affrontements nocturnes entre soldats et dissidents.
Jeudi, 62 personnes en majorité des civils avaient péri en Syrie, selon l'OSDH.

