"M. Annan nous a exprimé son souhait de venir prochainement en Turquie et nous lui avons donné notre accord", a souligné à l'AFP un diplomate qui a précisé que l'ancien secrétaire général de l'ONU visiterait des camps situés à Hatay, dans le sud de la Turquie, près de la frontière syrienne. Depuis mars 2011, près de 12.000 réfugiés syriens y vivent, un chiffre qui a enflé cette dernière semaine.
Un responsable turc a ainsi annoncé vendredi l'arrivée ces derniers jours en Turquie de deux plusieurs militaires, déserteurs de l'armée syrienne.
"Ces derniers jours, 234 Syriens, dont deux généraux, un colonel et deux sous officiers, qui ont fui les conflits dans leur pays", sont arrivés à Reyhanli, petite ville turque située à la frontière syrienne, a indiqué le sous-préfet de cette localité, Yusuf Güler, cité par l'agence de presse Anatolie.
La visite de M. Annan à Hatay et Ankara, la capitale, doit avoir lieu dans les jours qui viennent, a indiqué une autre source proche du gouvernement, tandis que la chaîne d'information NTV a affirmé qu'elle se déroulerait dès lundi 12 mars.
Environ 8.500 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences depuis le début de la révolte en Syrie à la mi-mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
M. Annan a prévu de se rendre samedi en Syrie pour une première visite.
Des centaines de Syriens ont récemment traversé la frontière avec la Turquie de peur d'une aggravation de la situation sécuritaire dans la province d'Idleb (nord-ouest), a expliqué jeudi un responsable turc à l'AFP.
Les Syriens ayant trouvé refuge en Turquie depuis le début des manifestations antigouvernementales sont principalement hébergés dans des camps à Hatay où sont aussi basés des membres de l'Armée syrienne libre (ASL), formée de déserteurs de l'armée nationale.
La Turquie, qui a une longue frontière commune avec la Syrie, a rompu avec son ancien allié syrien du fait de la sanglante répression des manifestations.

