L’attaquant néerlandais des Gunners, Edwin Van Persie, est sans doute la meilleure arme dont dispose Arsène Wenger pour venir à bout de l’AC Milan.
Pas le même genre de leaders. Le Suédois, à 30 ans, reste en ébullition permanente, comme l’a prouvé son carton rouge pour une gifle puérile à un défenseur de Naples qui lui a valu trois matches de suspension en championnat d’Italie.
Le Néerlandais, qui a longtemps traîné la réputation d’un mauvais caractère, a mûri à Arsenal dont il est aujourd’hui à 28 ans le capitaine respecté, et couvé par son entraîneur, Arsène Wenger, qui protège son dernier grand joueur après avoir perdu Samir Nasri et Cesc Fabregas cet été.
Son éventuel départ, régulièrement évoqué dans la presse, est le pire cauchemar des supporteurs des Gunners.
Leur influence prépondérante dans le jeu de leur équipe saute aux yeux à la lecture des chiffres. Ibra a marqué 15 buts en 19 matches de série A et signé un 4/4 en Ligue des champions. Il a souvent tiré le Milan d’un mauvais pas, au point que la presse italienne évoque régulièrement « l’Ibra-dépendance » des Rossoneri.
Van Persie est en tête du classement des buteurs de la Premier League avec 22 buts (déjà au-dessus de son record personnel de 18). N’hésitant pas à récupérer le ballon loin du but, il est aussi un passeur décisif (7 cette année), et directement impliqué dans la moitié des 48 buts marqués par Arsenal en championnat.
Il a réussi 4 doublés et deux triplés cette saison, le dernier il y a huit jours lors de la victoire 7 à 1 sur Blackburn, et marqué trois fois en Ligue des champions, plus une fois en barrages, déjà en Italie, à Udine.
« Robin, c’est un autre monde, estime son coéquipier camerounais Alexandre Song. Il n’a pas besoin de deux ou trois occasions. Une seule lui suffit pour marquer. C’est ça la différence entre les très bons joueurs et les très grands joueurs. Lui, il fait partie des très grands joueurs. »
Mais les similitudes s’arrêtent aux chiffres. Dans la vie du groupe et les relations publiques, leurs chemins divergent. Ibra a reçu le 5 février son troisième carton rouge en un an pour un geste de mauvaise humeur. La saison dernière, il avait été exclu déjà pour un coup à un joueur de Bari, puis une bordée d’injures à un arbitre assistant.
Il a aussi manqué de respect en direct à la télévision l’an dernier avec Arrigo Sacchi, légende de son club, et a insulté Josep Guardiola, son ancien entraîneur à Barcelone, dans son autobiographie « Moi Ibra ».
Van Persie lui s’est calmé. Seules légères incartades cette saison, un soupçon de coup de coude à un joueur d’Aston Villa fin janvier et un hochement de tête de désapprobation pendant le match contre Manchester United (défaite 2 à 1) quand Wenger a remplacé Oxlade-Chamberlain par Arshavin.
Mais le Néerlandais a tout de suite jeté du sable sur le feu : « C’est lui le boss, il prend des décisions et c’est ainsi. Fin de l’histoire. Il n’y a pas de problème, pas de conflit, pas de controverse. » Une diplomatie de capitaine que ne pratique guère Zlatan.
Les deux stars se présentent également en pleine forme physique pour ce duel prometteur, qui pourrait se doubler d’un dernier choc Ibra-Thierry Henry, puisque « Titi » boucle demain sa pige avec son ancienne équipe. Van Persie a la chance de ne pas avoir été blessé cette saison, alors que de nombreux problèmes physiques ont perturbé sa carrière.
Il reste un dernier point commun entre Ibracadabra et Van Persie : ils attendent encore la consécration d’une victoire en C1 et ne pourront pas être exaucés tous les deux.


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