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Liban - La Situation

Le dossier de l’électricité souffre de la crise politique

Ce sont les divisions internes du gouvernement qui provoquent l’aggravation de la pénurie de courant électrique. S’il y avait encore des doutes sur la question, l’entretien accordé hier par le ministre de l’Énergie, Gebran Bassil, à la LBCI, l’a dissipé. Après avoir raisonnablement défendu son plan d’urgence qui doit éviter au pays « une catastrophe » cet été, saison de plus grande consommation de courant, M. Bassil est passé au registre politique et a accusé le 14 Mars, et le Premier ministre, qu’il a mis dans le même sac, de lui mettre des bâtons dans les roues.
Pourtant, sans exclure les motivations politiques, ni exonérer de leurs responsabilités les ministres de l’Énergie qui se sont succédé depuis 1990, les explications techniques à la pénurie actuelle existent.
Le PGG de l’EDL, Kamal Hayek, qui paraissait dans la même émission, s’en est expliqué hier. Il a affirmé notamment que cette pénurie trouve sa source dans les événements en Égypte et en Syrie, ces deux pays ayant suspendu leur exportation d’énergie à destination du Liban (250 à 300 mégawatts).
Le ministre de l’Énergie, pour sa part, a ajouté à ce manque les lenteurs bureaucratiques internes. À titre d’exemple, il a affirmé que le Centre national de contrôle à partir duquel l’EDL peut superviser le réseau de distribution des câbles de haute et moyenne tension, et qui est devenu opérationnel voici une dizaine de mois, date de...1997.
Il y a d’autres raisons aux coupures sauvages qui se produisent, ce sont les vols de courant qui se font à grande échelle dans les régions périphériques ou à grande densité démographique, et le Centre national de contrôle peut aujourd’hui les identifier. C’est ainsi que durant l’émission publique, le PDG de l’EDL a montré que des régions comme le Akkar et Nabatiyeh étaient dans le rouge et fonctionnaient à la limite de la capacité du réseau de distribution, indice prouvé, selon lui, que le courant y était en train d’être volé.
En cours de journée, on apprenait que dans certaines régions, les compteurs de l’EDL rendaient compte seulement de 20 à 30 % de l’électricité consommée !
Les solutions d’urgence, comme les solutions à long terme, existent, a poursuivi le ministre de l’Énergie. À long terme, le Liban n’a d’autre choix que de construire de nouvelles centrales électriques, au vu des prévisions de croissance des besoins de la population.
À court terme, le Liban doit compenser d’urgence l’énergie dont il a été privé et la croissance prévisible – et normale – des besoins, en ayant recours à des appoints d’urgence venus du secteur privé, notamment des centrales flottantes.
Pour l’essentiel, c’est sur ces projets à court et moyen terme que les conflits tournent, a     assuré Gebran Bassil, et c’est sur ce point que les explications techniques de ce qui se passe se sont transformées en explications politiques. M. Bassil a notamment mis en cause les questions oiseuses qui sont soulevées aussi bien au niveau du gouvernement qu’à celui du Parlement, qui minent l’efficacité de sa gestion. Les adversaires politiques de M. Bassil ont beau jeu, d’ailleurs, de lui reprocher le fait que l’un des principaux hommes d’affaires engagés dans l’adjudication de cette production électrique d’appoint est le propre allié de M. Bassil dans la circonscription de Batroun, Nizar Younès. Le débat, on le voit bien, est interminable.
Sur la question si controversée des pylônes de haute tension qui passent au-dessus de Aïn Najm, M. Bassil a affirmé que l’opposition à leur installation est inspirée autant par la peur, ce qui s’explique, que par la mauvaise volonté. Tout en affirmant que le voisinage de câbles de haute tension lui déplaît, personnellement, M. Bassil a précisé que l’installation de câbles souterrains porterait préjudice à un plus grand nombre de Libanais et que les propriétaires d’appartements qui sont réellement mitoyens des câbles ont le choix de vendre leur appartement à l’État et de s’installer plus en sécurité, ailleurs. Mais, selon lui, la nocivité des micro-ondes émanant de ces câbles n’est pas prouvée, et leur rayonnement, mesuré en micro-tesla, bien plus réduit que celle des cellulaires ou même des télévisions.
« On cherche à nous faire échouer », a accusé M. Bassil qui a clairement fait état de la divison du gouvernement en deux camps, rangeant MM. Nagib Mikati, Walid Joumblatt et Nicolas Nahas dans le camp du « 14 Mars », et fixant à ce conflit un horizon, celui des élections de 2013.
Ce paysage dérangeant servira d’arrière-fond à la séance que doit consacrer le Conseil des ministres, mardi prochain, au dossier de l’électricité. Encore que les reports d’examen sont devenus de règle au sein du gouvernement et que ce pourrait bien être le cas cette fois aussi. En effet, le fait d’avoir inscrit à l’ordre du jour de cette réunion l’examen du projet de budget aussi bien que celui de l’électricité pourrait réduire les chances de voir le dossier du courant sérieusement examiné.
Dans les milieux politiques indépendants, on estime que la coalition qui a rendu possible la formation du gouvernement par M. Mikati se fragilise un peu plus chaque jour. Selon ces milieux, le Premier ministre pourrait provoquer un coup d’éclat et menacer de démissionner, si les choses continuent en l’état, après la visite officielle qu’il doit effectuer en France. Les sources citées assurent en effet que M. Mikati ne gagne plus rien aux alliances actuelles et que ses adversaires à l’intérieur du gouvernement commencent à être plus dérangeants que ses adversaires déclarés du 14 Mars.
Ce sont les divisions internes du gouvernement qui provoquent l’aggravation de la pénurie de courant électrique. S’il y avait encore des doutes sur la question, l’entretien accordé hier par le ministre de l’Énergie, Gebran Bassil, à la LBCI, l’a dissipé. Après avoir raisonnablement défendu son plan d’urgence qui doit éviter au pays « une catastrophe » cet été, saison de plus grande consommation de courant, M. Bassil est passé au registre politique et a accusé le 14 Mars, et le Premier ministre, qu’il a mis dans le même sac, de lui mettre des bâtons dans les roues. Pourtant, sans exclure les motivations politiques, ni exonérer de leurs responsabilités les ministres de l’Énergie qui se sont succédé depuis 1990, les explications techniques à la pénurie actuelle existent. Le PGG de l’EDL, Kamal...
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