Ainsi, le projet de résolution appelle « à la poursuite de la mission des observateurs en Syrie et de la coopération avec le secrétaire général de l’ONU pour renforcer leur tâche ». Il stipule également que « le président (Bachar el-Assad) délègue ses pouvoirs à son premier vice-président et que ce dernier ait toutes les prérogatives pour coopérer avec un gouvernement d’union nationale incluant l’opposition ». Ce gouvernement d’union devra être formé dans un délai de « deux mois et sa présidence assurée par une personnalité de consensus. Sa mission sera d’appliquer le plan de sortie de crise de la Ligue arabe et de préparer des élections législatives et présidentielle pluralistes et libres sous supervision arabe et internationale ». Le gouvernement d’union devra aussi préparer l’élection d’une assemblée constituante dans un délai de trois mois en vue de l’élaboration d’une nouvelle Constitution qui sera soumise à un référendum.
Auparavant, l’Arabie saoudite avait annoncé son retrait de la mission d’observateurs lors de la réunion plénière ministérielle de la Ligue arabe. Riyad « a décidé de retirer ses observateurs de la mission car le gouvernement syrien n’a respecté aucune des clauses » du plan arabe prévoyant la fin des violences, a annoncé le chef de la diplomatie Saoud al-Fayçal. Ce retrait témoigne des divergences sur l’opportunité de poursuivre cette mission, déployée depuis le 26 décembre et objet de vives critiques de la part de l’opposition syrienne et d’ONG internationales qui l’accusent d’inefficacité.
Le comité ministériel arabe chargé du dossier syrien, réuni dans la journée, avait recommandé de prolonger d’un mois la mission après la remise d’un rapport du chef des observateurs, le Soudanais Mohammad Ahmad Moustapha al-Dabi, demandant une telle prolongation ainsi que le renforcement en personnels et en logistique de la mission. Le rapport, selon une source diplomatique, fait « porter aux deux parties concernées (gouvernement et opposition) la responsabilité de la poursuite des violences » dans le pays. Outre la poursuite de la mission d’observation sur le terrain, le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a plaidé pour une solution politique.
Le Conseil national syrien (CNS), le plus important groupe de l’opposition dont le chef Burhan Ghalioun se trouvait au Caire, a quant à lui annoncé l’envoi prochain d’une délégation au Conseil de sécurité à New York. Ce dernier doit « transmettre le dossier syrien à la CPI et prendre des décisions fermes pour protéger le peuple syrien », informe le CNS, en réclamant l’imposition d’un « embargo aérien » à la Syrie, et la création de « zones sûres en vue de l’acheminement de l’aide humanitaire aux villes sinistrées ». Le CNS appelle encore à « imposer des sanctions à l’ensemble des responsables syriens impliqués dans les “crimes contre l’humanité” en Syrie, en premier lieu le président syrien ». M. Ghalioun a également réagi au projet de résolution de la Ligue arabe en déclarant lors d’une conférence de presse au Caire : « Nous applaudissons l’initiative de la Ligue qui prouve que la lutte du peuple syrien affecte la communauté internationale et nous examinerons minutieusement les articles du plan de paix », ajoutant que ce projet est « la confirmation de la fin du régime de Bashar el-Assad » et insistant sur la participation du Conseil de sécurité. Il a aussi affirmé que le peuple syrien n’aurait de cesse que lorsque le régime chutera pour faire place à la démocratie. Le CNS a également présenté un contre-rapport à celui de la mission des observateurs énumérant les violations commises par le régime depuis l’arrivée de ces derniers en Syrie.
(Sources : agences et rédaction)

