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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Révolte

Pendant que l’ONU s’empêtre, l’UE renforce ses sanctions contre la Syrie

La mission des observateurs de plus en plus controversée ; la Russie hausse le ton contre l’Occident ; 20 personnes tuées hier.
Les pays de l’Union européenne ont décidé hier d’imposer de nouvelles sanctions au régime syrien pour tenter de faire cesser la répression, à l’heure où le Conseil de sécurité de l’ONU, divisé, ne parvenait pas à s’entendre sur un projet de résolution.
L’UE a ainsi décrété de nouvelles sanctions contre 22 personnes faisant partie de l’appareil sécuritaire et huit organisations ou entreprises supplémentaires, ont précisé hier des sources diplomatiques. La décision doit être formellement entérinée lundi lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères. « Tant que la répression continuera, nous durcirons nos mesures restrictives », a souligné l’une des sources. Comme ce fut le cas précédemment, les mesures porteront sur des gels d’avoirs et des interdictions de visa en Europe, afin d’allonger encore les listes noires existantes. Au total, environ 120 personnes et organisations liées au régime font à ce jour l’objet de sanctions de l’Union européenne.
Par ailleurs, à New York, les discussions des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU sur un projet de résolution russe ont duré plus de quatre heures mardi soir, mais sans laisser entrevoir d’accord, selon des diplomates sur place. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a de plus répété que la Russie, traditionnelle alliée de Damas, ne soutiendrait « aucune sanction », prévenant que son pays userait de son droit de veto pour bloquer toute proposition autorisant une intervention militaire en Syrie.
Rappelons que l’émir du Qatar cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani s’était dit samedi favorable à l’envoi de troupes arabes en Syrie pour « mettre fin à la tuerie ». Ces déclarations s’inscrivent « dans le cadre du rôle négatif que joue le Qatar depuis le début de la crise en Syrie », a réagi hier le quotidien officiel syrien Techrine, accusant le Qatar de financer et d’armer les opposants. Le quotidien reproche par ailleurs à l’émirat de « manipuler les informations » sur la Syrie à travers sa chaîne satellitaire al-Jazira.

 Réunion décisive au Caire ce week-end
Selon un responsable de la Ligue arabe, l’organisation pourrait toutefois examiner l’éventuel envoi de troupes lors d’une réunion ce week-end au Caire. En prévision de cette réunion, le Conseil national syrien (CNS), qui réunit les principaux courants de l’opposition, a annoncé avoir envoyé une délégation au Caire pour discuter de nouvelles mesures à l’encontre de la Syrie. Le CNS est en outre en contact avec des responsables et diplomates étrangers pour discuter de sa demande de transférer le dossier au Conseil de sécurité de l’ONU.
Parallèlement, une coalition de 142 organisations arabes a demandé à la Ligue arabe de renoncer à sa mission d’observation, dénonçant son inefficacité et le non-respect du plan arabe de sortie de crise par le régime. Pour les critiques, la mission n’a fait que fournir une couverture diplomatique à Assad et lui a laissé tout le temps de réprimer l’opposition.

Cameron fustige l’Iran et le Hezbollah
Néanmoins, d’après une source au sein de la Ligue arabe, la Chine et la Russie ont appelé le président Assad à accepter un prolongement de la mission d’observation de la Ligue arabe pour éviter une escalade de la situation au niveau international. Précisons que Pékin a de nouveau défendu hier un plan de sortie de crise en Syrie sous l’égide de la Ligue, en estimant que la mission des observateurs y était « efficace » et que le Conseil de sécurité de l’ONU devait promouvoir un « dialogue politique ».
Toujours sur le plan diplomatique, le Premier ministre britannique David Cameron a dénoncé hier à Londres « le soutien considérable » en matière d’armement apporté par l’Iran à M. Assad, qu’il a qualifié de « tyran lamentable », et l’implication du Hezbollah dans l’approvisionnement en armes du régime de Damas. Signalons que Paris et Washington avaient également accusé l’Iran de fournir des armes à la Syrie, des affirmations démenties par Téhéran.
Dans ce contexte, le ministre britannique chargé des affaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord Alistair Burt a rencontré hier l’opposant syro-kurde Abdul Hakeem Bashar, et lui a réitéré le besoin grandissant de l’opposition syrienne de s’unir afin de pouvoir définir « une vision commune d’une future Syrie représentant tous les membres de sa société et adhérant aux principes fondamentaux et internationaux des droits de l’homme. »

De lourdes pertes à Zabadani
Sur le terrain, les violences ont fait sept morts hier à travers le pays, au lendemain d’une journée qui avait coûté la vie à 20 personnes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Dans la province d’Idleb, trois civils ont été tués par les tirs de l’armée et des milices prorégime. Un soldat est mort dans des affrontements entre l’armée et des militaires dissidents, tandis que l’un de ces derniers a été tué à un barrage. À Homs, deux civils sont morts alors que différents quartiers étaient « pilonnés à la mitrailleuse lourde ». En outre, le corps d’un jeune homme arrêté le 5 janvier et mort sous la torture a été remis à ses proches, selon l’OSDH. Cependant, des militants prodémocratie cités par la chaîne al-Arabiya ont affirmé que 20 personnes avaient été tuées hier par les forces du régime.
Au nord-est de Damas, le pilonnage de Zabadani qui se poursuivait depuis six jours « a diminué » hier, selon le chef de l’OSDH Rami Abdel Rahmane, qui a affirmé que l’armée avait « essuyé de lourdes pertes humaines et matérielles ces derniers jours » dans cette zone. Selon al-Arabiya, l’armée officielle se serait même retirée de la ville.

« Pire des pires »
Sur le plan humanitaire, le rapport de l’ONG internationale Freedom House sur la liberté dans le monde a été publié hier. Il est dit que les soulèvements des pays arabes au cours de l’année 2011 ont été le défi le plus significatif contre l’autoritarisme depuis la chute de l’Union soviétique. Le rapport souligne également les répercussions des printemps arabes sur la Chine, l’Eurasie et l’Afrique. Si 26 pays ont connu un net déclin quant aux libertés qu’ils connaissent, 12 voient cependant leur statut amélioré, mettant ainsi en relief pour la sixième année consécutive une prédominance de libertés déclinantes face à une amélioration obstinément faible des libertés dans le monde. Parmi les pays en chute dans le classement de Freedom House : Bahreïn, Iran, Liban, Arabie saoudite, Syrie, les Émirats arabes unis et le Yémen. Notons que la Syrie et l’Arabie saoudite font maintenant partie des « pires pays » présents sur la liste de l’ONG.
Publié annuellement depuis 1972, le rapport « Liberté dans le monde » examine la possibilité pour les individus d’exercer leurs droits politiques et civiques dans 195 pays et 14 territoires. Chaque pays est ainsi classé selon qu’il est « libre », « partiellement libre », « non libre », « démocraties élues » ou encore « pire des pires », selon des critères concernant la démocratie et son application dans ces pays.
(Sources : agences et rédaction)
Les pays de l’Union européenne ont décidé hier d’imposer de nouvelles sanctions au régime syrien pour tenter de faire cesser la répression, à l’heure où le Conseil de sécurité de l’ONU, divisé, ne parvenait pas à s’entendre sur un projet de résolution.L’UE a ainsi décrété de nouvelles sanctions contre 22 personnes faisant partie de l’appareil sécuritaire et huit organisations ou entreprises supplémentaires, ont précisé hier des sources diplomatiques. La décision doit être formellement entérinée lundi lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères. « Tant que la répression continuera, nous durcirons nos mesures restrictives », a souligné l’une des sources. Comme ce fut le cas précédemment, les mesures porteront sur des gels d’avoirs et des interdictions de visa en Europe,...