Le Premier ministre, Nagib Mikati et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ont eu une rencontre quelque peu tendue durant les vacances de fin d’année, rapporte le quotidien libanais al-Akhbar. Selon le journal, le leader chiite a froidement accueilli M. Mikati et lui a reproché son attitude dans l'affaire du financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) en lui disant : "Tu nous as trahis".
Fin novembre, le Premier ministre avait annoncé, en dehors toute réunion du Conseil des ministres, le règlement des 32 millions de dollars, quote-part du Liban dans le financement du (TSL). M. Mikati avait précisé que les 32 millions seraient puisé dans les fonds du Haut-Comité de secours. A la mi-décembre, les banques libanaises annonçaient leur intention de couvrir ce financement. Le paiement par les banques doit couvrir toute la contribution du gouvernement au tribunal, via une agence publique de financement. "Le conseil d'administration a pris cette décision en raison du besoin de protéger les fonds des déposants et pour renforcer la stabilité politique", avait souligné l’association des banques dans un communiqué.
Hassan Nasrallah a souligné que ces "tours de passe-passe" pour financer le tribunal international hors du budget de l’État n'a pas gommé l'embarras du Hezbollah sur cette question.
Citant des sources bien informées, al-Akhbar rapporte également que durant sa rencontre avec le chef du parti chiite, le Premier ministre a informé ce dernier que le protocole du TSL sera automatiquement renouvelé en mars étant donné que le tribunal n’a pas besoin de l’approbation du gouvernement à ce niveau. Ce à quoi, Hassan Nasrallah a répondu qu’il ne tolérera pas le renouvellement de ce protocole puisque selon lui, c’est la crédibilité même du parti ainsi que celle de ses partisans qui sont ici en jeu.
Selon ces mêmes sources, Hassan Nasrallah a averti le Premier ministre que le parti ne prendra pas cette affaire à la légère, même si cela pourrait engendrer des problèmes avec le gouvernement. Le Hezbollah pourrait également demander au gouvernement d'affirmer qu'il "se distancie" du dossier du renouvellement du protocole. Selon ces sources, l'utilisation de ce terme par le gouvernement signifierait qu'il n’a pas d’opinion sur cette affaire. Cette option, indique le quotidien libanais, pourrait satisfaire M. Mikati qui éviterait ainsi une nouvelle crise politique.
Le journal a par ailleurs rapporté que certains craignent que le Premier ministre fasse de nouvelles promesses publiques au sujet de ce dossier comme il l’avait fait concernant le financement du tribunal, ce qui forcerait donc les alliés de M. Mikati à choisir entre sa démission et son soutien au TSL.
Au Premier ministre, le secrétaire général du Hezbollah aurait également répété que le TSL est politisé et sert les intérêts américains et israéliens. Dans son acte d'accusation, rappelle-t-on, le tribunal a réclamé l'arrestation de quatre membres du parti chiite.
Al-Akhbar rapporte en outre que Hassan Nasrallah a insisté pour que l’affaire des faux-témoins soit à nouveau discutée au sein du gouvernement et que celui-ci prenne des mesures concrètes pour compenser les dommages subis par les quatre officiers libanais accusés et détenus à tort dans l'affaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Fin novembre, le Premier ministre avait annoncé, en dehors toute réunion du Conseil des ministres, le règlement des 32 millions de dollars, quote-part du Liban dans le financement du (TSL). M. Mikati avait précisé que les 32 millions seraient puisé dans les fonds du Haut-Comité de secours. A la mi-décembre, les banques libanaises annonçaient leur intention de couvrir ce financement. Le paiement par les...

