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Assad plus inflexible que jamais face à une opposition divisée

Le président syrien Bachar al-Assad semble compter sur les divisions de l'opposition, des Arabes et de la communauté internationale pour se maintenir au pouvoir, faisant la sourde oreille à la révolte, selon des analystes.

"L'opposition est morcelée, certains Arabes veulent une action plus forte, d'autres non, et il n'y a pas de consensus au sein de la communauté internationale en raison de la position russe", affirme à l'AFP Hilal Khashan, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth (AUB).

"Ce sont ces contradictions qui maintiennent Assad au pouvoir, c'est son principal avantage", souligne cet universitaire.

Un avantage qu'il tente, selon les experts, d'exploiter à fond en contre-attaquant et en faisant valoir la théorie du complot, accusant l'opposition d'être "complice de l'étranger", notamment des pays occidentaux.

Lors de son quatrième discours en l'espace de 10 mois de révolte, M. Assad a répété mardi que son régime allait "frapper d'une main de fer les terroristes assassins", qu'il assimile aux manifestants.

"Il redit aux opposants 'vous pouvez toujours manifester, la réponse ça sera la répression et il n'y aura aucun compromis'", affirme à l'AFP Fabrice Balanche, maître de conférences en géographie à l'Université Lyon 2 et expert de la Syrie.

"La politique intérieure syrienne est claire et n'a pas beaucoup changé depuis 40 ans, de Hafez (ndlr: son père) à Bachar al-Assad", souligne Rami Khoury, directeur de l'Institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales à Beyrouth.

"Tout ce qui se passe à l'intérieur du pays, ils le voient comme un complot étranger et la réaction est militaire et dure, ça ne rigole pas. C'est une politique très cohérente", dit-il, faisant référence à la répression du soulèvement des Frères musulmans dans les années 80 par Assad père.

Pour M. Balanche, ce discours était une occasion pour "rassurer" le peuple syrien après les attentats meurtriers qui ont secoué Damas lors des dernières semaines.

Au lendemain de son allocution, le président a même fait une rare apparition en public, s'adressant à un rassemblement monstre au coeur de la capitale Damas. "Nous allons triompher sans aucun doute du complot. Leur complot approche de sa fin, qui sera la leur aussi", a-t-il déclaré devant la foule.

"Il veut montrer qu'il y a un chef. Il tente de conforter ses partisans mais aussi de ramener vers lui tous ces gens qui commencent à avoir peur du 'terrorisme'", explique M. Balanche.

Selon lui, l'allocution a été également un moyen de couper court aux rumeurs de démission ou encore qu'Assad allait se réfugier en Russie, l'un des rares soutiens internationaux de Damas dans cette crise.

Le message de fermeté est également adressé à l'étranger.

"Leur rêve tournera au cauchemar. Nous n'allons pas permettre la défaite de la Syrie qui signifiera la chute de la région entière", a notamment affirmé M. Assad.

Selon M. Khashan, "le président syrien veut donner l'impression aux Arabes et à la communauté internationale qu'il est fort et qu'il contrôle la situation".

"A ses alliés, il leur dit de continuer à l'aider, à ses rivaux, qu'il est là pour rester", ajoute-t-il.

Le discours du président syrien a suscité de vives réactions notamment aux Etats-Unis et en France. Washington a accusé Bachar al-Assad de "nier énergiquement toute responsabilité", tandis que le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a estimé qu'il "incite à la violence" par ses discours.

Mais ce ton ferme semble laisser de marbre le régime qui table sur le facteur temps.

"La géopolitique (à l'étranger) en 2012 est bloquée", estime M. Balanche, en référence aux élections notamment en France, aux Etats-Unis mais aussi en Russie et en Iran, ses alliés.

"Il est sûr que Moscou et Téhéran vont continuer à le soutenir et il a 2012 pour poursuivre la répression et reprendre le pays en main", dit-il.
Le président syrien Bachar al-Assad semble compter sur les divisions de l'opposition, des Arabes et de la communauté internationale pour se maintenir au pouvoir, faisant la sourde oreille à la révolte, selon des analystes."L'opposition est morcelée, certains Arabes veulent une action plus forte, d'autres non, et il n'y a pas de consensus au sein de la communauté internationale en raison de la position russe", affirme à l'AFP Hilal Khashan, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth (AUB)."Ce sont ces contradictions qui maintiennent Assad au pouvoir, c'est son principal avantage", souligne cet universitaire.Un avantage qu'il tente, selon les experts, d'exploiter à fond en contre-attaquant et en faisant valoir la théorie du complot, accusant l'opposition d'être "complice de l'étranger", notamment...