C’est une semaine plutôt chargée qui attend la classe politique appelée à se pencher sur des dossiers aussi controversés que l’affaire de Ersal, le dossier des nominations mais aussi le feuilleton interminable du projet de réajustement des salaires, de retour à la case départ.
On le sait déjà, l’opposition ne lâchera pas facilement le dossier de la présence présumée d’éléments d’el-Qaëda à Ersal et promet de mener la bataille jusqu’au bout, jusqu’à obtenir gain de cause. La réunion aujourd’hui des membres de la commission parlementaire de la Défense s’annonce d’ores et déjà houleuse, les députés du 14 Mars ayant déjà préparé leur offensive contre le ministre de la Défense, Fayez Ghosn, invité à venir répondre aux questions des parlementaires. Le député du courant du Futur, Ziad el-Kadri, en a annoncé la couleur hier lors de sa visite à Ersal, affirmant que les députés de l’opposition entendent mener leur bataille au sein des institutions, notamment du Parlement. Les parlementaires du 14 Mars s’apprêtent donc à poser demain leurs questions au ministre. Si les réponses de ce dernier s’avèrent non satisfaisantes, les députés adresseront une interpellation au gouvernement via le bureau de la Chambre. Sur base de ce texte, ils peuvent alors demander au gouvernement de poser la question de confiance, une menace que l’opposition compte brandir « afin que la reddition des comptes prenne son cours au sein des institutions », souligne le député Kadri.
Les débats autour de l’affaire de Ersal ne se confineront pas à la commission parlementaire cette semaine, puisque le Conseil des ministres devrait également s’en saisir, le chef de l’État étant déterminé à en finir avec cette polémique, si l’on en croit des sources informées.
Le mécanisme des nominations
Le gouvernement, qui se réunira à Baabda, devra également plancher sur le mécanisme des nominations qui ont été gelées jusque-là à cause notamment du bazar politique dont elles risquent de faire l’objet au cas notamment où un mécanisme clair n’est pas adopté.
Bien qu’ayant clairement fait entendre qu’il penche plutôt pour le mécanisme déjà avalisé par le gouvernement Saad Hariri, le chef de l’État pourrait évoquer le besoin de remédier à certaines lacunes que comporterait ce mécanisme (mis en place à l’époque par le ministre Mohammad Fneich), puisqu’il ne précise pas la solution de rechange en cas de refus de la majorité des deux tiers des ministres de voter pour l’un des trois noms proposés. Michel Sleiman ne manquera pas aussi de réaffirmer son refus du processus de nominations en bloc, qui risque d’être bloqué si les noms de tous les candidats avancés ne passent pas à cause précisément du système de vote aux deux tiers des voix. Ce que le président craint surtout, c’est le marchandage et le recours au « veto politique » de la part de certains protagonistes, des manœuvres dilatoires qui risquent de retarder encore plus le procédé. C’est probablement ce qui explique les derniers propos de M. Sleiman qui a promis qu’il ne terminera pas son mandat « sans avoir au préalable proposé un projet d’amendement constitutionnel du procédé des nominations ». À ce sujet, il faudra toutefois s’attendre à voir passer sans opposition majeure la nomination de Wafic Rhaymi au poste de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, et de Charbel Wehbé, au poste de directeur général des affaires politiques au sein de ce ministère. À noter que les deux diplomates sont les deux candidats favoris du ministre des Affaires étrangères, qui ne manquera pas de présenter deux autres noms pour chacun des deux postes, comme le prévoit le procédé à suivre.
Le réajustement des salaires
Le dossier de nominations sera probablement le sujet le moins controversé de la réunion de mardi puisque, selon les dernières informations, le ministre du Travail, Charbel Nahhas, loin de se déclarer découragé, compte soumettre un nouveau projet de loi en matière de réajustement des salaires. D’ici là, la question est de savoir si Amal et le Hezbollah – qui s’activent à le dissuader d’effectuer une quatrième tentative en la matière en lui préférant le projet conclu entre le patronat et les représentants syndicaux – réussiront, surtout que le CPL était, jusqu’à hier soir, intraitable sur la question.


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