Dans une région menacée des pires scénarios apocalyptiques, au milieu de régimes qui se renversent comme châteaux de carte, témoins de peuples qui se soulèvent, protestent, crient, scandent et payent de leur propre sang cette liberté inassouvie, les artistes du Liban... tardent à réagir. Bon. Laissons tomber les pléonasmes et disons les choses comme elles sont : les créatifs du pays du Cèdre sont apathiques. Rares, très rares sont les œuvres made in Lebanon inspirées du printemps arabe. Où sont nos artistes tant épris de grands idéaux? Ne sont-ils pas inspirés par ces mouvements collectifs? Qui ne le serait pas? Mais pourquoi se complaisent-ils donc dans ce rôle d’observateurs silencieux alors qu’ils possèdent, les veinards, cette liberté d’expression que d’autres paient de leur vie? La guerre, la nôtre, au quotidien, les a-t-elle anesthésiés? Ou bien ressentent-ils le besoin de digérer, de ruminer et de créer à froid, en gagnant une perspective? Oui, le peuple libanais est assoiffé de culture, il l’a toujours été et il le sera tant que le cèdre trônera fièrement sur son étendard. Alors notre slogan en ce début 2012? « Acha3bou youridou al-thakafa». Oui, le peuple demande de la culture. Il demande un Dar opéra de Beyrouth. Il demande un Musée d’art contemporain de Beyrouth. Il demande une Bibliothèque nationale et une restitution de ses archives. Il demande un théâtre subventionné, une production cinématographique libre et ancrée dans notre identité. Il demande... Il demande... Il demande... Tout et le reste. Car ce n’est pas en demeurant observateurs silencieux que nous pourrons participer au domino printanier dont les révolutionnaires ne tarderont pas à récoler les fruits. Rêver en couleurs? N’est-ce pas là une des fonctions principales de l’art?
Dans une région menacée des pires scénarios apocalyptiques, au milieu de régimes qui se renversent comme châteaux de carte, témoins de peuples qui se soulèvent, protestent, crient, scandent et payent de leur propre sang cette liberté inassouvie, les artistes du Liban... tardent à réagir. Bon. Laissons tomber les pléonasmes et disons les choses comme elles sont : les créatifs du pays du Cèdre sont apathiques. Rares, très rares sont les œuvres made in Lebanon inspirées du printemps arabe. Où sont nos artistes tant épris de grands idéaux? Ne sont-ils pas inspirés par ces mouvements collectifs? Qui ne le serait pas? Mais pourquoi se complaisent-ils donc dans ce rôle d’observateurs silencieux alors qu’ils possèdent, les veinards, cette liberté d’expression que d’autres paient de leur vie? La guerre, la nôtre,...
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