Une réunion sécuritaire élargie s’est ainsi tenue au Grand Sérail, présidée par le Premier ministre Nagib Mikati, pour examiner le contrôle des frontières. Étaient présents : le ministre de la Défense Fayez Ghosn, le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel, le commandant en chef de l’armée le général Jean Kahwagi, les directeurs généraux de la Sûreté générale, de la Sûreté de l’État et des Forces de sécurité intérieure, respectivement les généraux Abbas Ibrahim, Georges Karaa et Achraf Rifi, ainsi que le secrétaire général du Conseil supérieur de la défense le général Adnane Merheb. Le Premier ministre a insisté sur « la solidarité de l’État, du gouvernement et du peuple avec les forces internationales ». M. Mikati a qualifié l’attentat de « crime, non seulement contre la Finul, mais aussi contre la sécurité du pays ». Il a tenu à assurer enfin que « pareils attentats n’entraveront pas le travail des Casques bleus au Liban-Sud, y compris celui du contingent français, ni n’influeront l’engagement des États pour la mise en application de la résolution 1701 (...) ». De son côté, le ministre Charbel a tenu à rappeler que « les soldats internationaux sont au Liban dans le cadre d’une mission de paix ». Il a en outre donné des instructions pour « renforcer les mesures de sécurité et poursuivre les responsables ». Le ministre des Affaires étrangères Adnane Mansour, actuellement en Arménie, a condamné « l’agression vile et odieuse contre la Finul », appelant à « ne pas tenir le gouvernement pour responsable de pareils incidents, qu’il s’efforce d’ailleurs à contrer ».
Le président du Parlement Nabih Berry a pour sa part dénoncé « l’explosion terroriste dirigée contre la Finul et la sécurité nationale », estimant que cet attentat « vise à faire du Liban, et de son Sud précisément, un espace d’inquiétude et de troubles (...) qui ne profite qu’à Israël ». Le mouvement Amal a, quant à lui, publié un communiqué condamnant « l’attentat infâme et lâche commis dans le but de torpiller la sécurité du Liban ». Le Hezbollah a lui aussi estimé dans un communiqué que l’attaque constitue « une atteinte à la sécurité du Liban et du Sud en particulier ». Il a appelé « les services de sécurité à faire de leur mieux pour mettre fin à de pareilles attaques ».
Quant au chef du bloc parlementaire du Futur, le député Fouad Siniora, il a dénoncé « cet acte terroriste lâche, dont le seul but est de troubler la sécurité du pays et de transformer le Liban-Sud en champ de bataille ». De même, les Forces libanaises ont réprouvé l’attentat « qui nuit au Liban dans son ensemble », d’autant que « la France continue d’œuvrer pour l’intérêt du pays ». Pour les FL, cette attaque soulève « le problème prioritaire des îlots de sécurité que l’État a maintenus hors de son contrôle, au nom du triptyque armée, peuple et résistance ». Le seul moyen de mettre un terme aux atteintes à la sécurité serait de « dissoudre les groupes armés illégaux, tant libanais que palestiniens, à l’intérieur et à l’extérieur des camps (...) ».
Le chef du bloc du Changement et de la Réforme, le député Michel Aoun, a lui aussi qualifié l’attentat de « terroriste », rappelant que « les forces onusiennes sont présentes sur notre territoire avec le consentement de tous les Libanais et ont pour mission de préserver la paix : ce ne sont pas des forces d’occupation ». Et d’ajouter : « Si d’aucuns souhaitent le départ de ces forces, ils doivent l’exprimer franchement auprès du gouvernement. » Pour sa part, le courant des Marada a appelé à « accélérer l’enquête pour élucider les circonstances de l’attaque ».
Le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, a estimé que l’attentat est « une opération criminelle visant à déstabiliser le Liban ». Le cheikh Akl druze, cheikh Naïm Hassan, a affirmé, quant à lui, que l’attaque contre la Finul « doit pousser les autorités à accroître leurs efforts pour protéger la patrie ». Enfin, le président du Conseil central maronite, Wadih el-Khazen, a appelé les autorités à « prendre les mesures nécessaires pour contrer les tentatives de transformer le Liban-Sud en champ de bataille ».

