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Diaspora - Disparition

Anthony Abraham, superphilanthrope américain, originaire de Batroun

Au Liban, moult associations de bienfaisance ont fait part de son décès dans la presse. Idem en Haïti. Aux États- Unis, elles sont plus d’une centaine à graver sa mémoire dans leur vie.

L’homme à l’éternel cigare.

WASHINGTON, d’Irène MOSALLI


Cet être d’exception, de par sa générosité sous toutes les latitudes, est un citoyen américain, à l’origine un fils du Liban : Anthony Abraham. Le 25 février dernier, il fêtait en Floride son centième anniversaire en compagnie de 375 personnes, parents et amis, dans un cadre à thème arabe. Il est décédé en octobre dernier. Parce que la vie lui avait tout donné, il a voulu rendre au centuple à ceux qui n’avaient pas été ainsi favorisés.
Anthony Abraham est l’un des plus grands philanthropes que comptent les États-Unis. Toujours très élégamment vêtu et le cigare en main, il était né à Youngstown (Ohio). Quatrième enfant d’une famille d’émigrés libanais, (George et Sophie Abraham, venus de Batroun en 1890), qui en comptait huit, il a été le seul à fréquenter l’université, celle de Detroit. Après avoir fait de la « kaché » (commerce ambulant de la valise), son père avait ouvert une épicerie. Processus qu’ont suivi la plupart des émigrés libanais de l’époque. On parlait beaucoup arabe dans ce foyer, on mangeait libanais et l’on était très dévoué à l’Église maronite. Le jeune Anthony avait choisi d’interrompre ses études universitaires et de travailler avec un journal du soir, le Chicago Evening American, puis il lance sa propre publication, le Help Wanted News. En le vendant, il se retrouve à la tête d’une grosse fortune. Avec son épouse Geneviève (également libanaise, née Harris), ils décident, en 1951, d’aller vivre dans le sud de la Floride, parce que l’aîné de leurs cinq enfants, George, était asthmatique. À noter que le couple avait choisi d’adopter cinq enfants du Liban, qui sont donc devenus les leurs. Au bout d’un moment, Anthony Abraham se lasse de cette retraite prématurée au soleil. Il ouvre alors à Little Havana (banlieue de Miami), une agence de représentation de la marque de voiture Chevrolet. C’est à nouveau la prospérité et son agence devient la plus importante de la Floride du Sud.


 « Je nourrirais les pauvres et j’aiderais les malades »
Tout au long de sa vie, ce brillant businessman à l’éternel cigare a été parallèlement dévoué à d’innombrables causes humanitaires. Enfant, il avait juré que, « si par la grâce de Dieu, je le pourrais, je nourrirais les pauvres et j’aiderais les malades ». Il était notamment le dernier survivant des membres fondateurs de St. Jude Children’s Research Hospital (Memphis), une réalisation initiée par le comédien d’origine libanaise, Danny Thomas. Il était également membre de l’ordre de Malte, de l’ordre du Saint-Sépulcre, des Chevaliers de Colomb et des Chevaliers de Saint-Grégoire. Et il avait été consul honoraire de Haïti et président de l’Union culturelle mondiale. En 1976, Anthony Abraham et son épouse ont créé la « Anthony R. Abraham Foundation » qui a octroyé des millions à des centaines d’organismes caritatifs de par le monde (des États-Unis au Liban en passant par Haïti) : orphelinats, hôpitaux et autres centres à diverses vocations. Il a fait la part belle au Liban dans ce domaine avec son apport consistant, notamment au Centre spastique de Bhannès, l’Hôpital libanais, l’Institut des sourds et d’autres instituts similaires à travers tout le Liban. Sa générosité et son implication dans plusieurs domaines en ont fait un détenteur d’une collection de médailles et de distinctions honorifiques. Il a aussi été le président de l’Union culturelle mondiale.
Il faut dire qu’Anthony Abraham, nommé le « Tycoon de la Chevrolet », avait plusieurs cordes à son arc : il a été conseiller vénéré de plusieurs chefs d’État, investisseur immobilier de grande envergure, éditeur talentueux et un extraordinaire connaisseur du marketing. L’art était aussi inscrit à son agenda : il avait contribué, avec 400 000 dollars, à l’établissement d’une galerie au sein du musée de la ville de Coral Gables à qui l’on a donné son nom.
Aujourd’hui, ses cinq enfants (George, Tom, Norma, Judy et Marion) ne dérogent pas de la voie qu’il poursuivait. Tom et Norma en particulier sont directement impliqués dans la fondation de leur père et vivent dans la ville où il a passé son existence et où il a œuvré.

WASHINGTON, d’Irène MOSALLI
Cet être d’exception, de par sa générosité sous toutes les latitudes, est un citoyen américain, à l’origine un fils du Liban : Anthony Abraham. Le 25 février dernier, il fêtait en Floride son centième anniversaire en compagnie de 375 personnes, parents et amis, dans un cadre à thème arabe. Il est décédé en octobre dernier. Parce que la vie lui avait tout donné, il a voulu rendre au centuple à ceux qui n’avaient pas été ainsi favorisés.Anthony Abraham est l’un des plus grands philanthropes que comptent les États-Unis. Toujours très élégamment vêtu et le cigare en main, il était né à Youngstown (Ohio). Quatrième enfant d’une famille d’émigrés libanais, (George et Sophie Abraham, venus de Batroun en 1890), qui en comptait huit, il a été le seul à fréquenter...