Raphaël Nadal essaye de retrouver ses sensations en s’entraînant sur terre battue en vue de la finale de Coupe Davis qui oppose ce vendredi l’Espagne à l’Argentine. Marcelo del Pozo/Reuters
La lassitude d’une saison éreintante et parfois frustrante ne se dissipera pas en quelques jours. On n’avait jamais vu Nadal aussi usé qu’à Londres. Visage livide, traits tirés, le Majorquin n’était visiblement pas dans son assiette. Puis il y a eu ses mots, après son élimination, sur son manque de « passion » ces derniers temps. Beaucoup de bruit pour rien selon lui. « Comme souvent, tout ça a été exagéré et a pris des proportions incroyables, parce que les gens veulent interpréter ce que nous pouvons dire, a confié l’Espagnol. C’est vrai que cette année a été difficile, mais plus que de manque de passion, c’est la fatigue accumulée tout au long des années, semaine après semaine. » Une certaine routine, en quelque sorte. Mais la Coupe Davis, précisément, permet d’en sortir.
« La Coupe Davis, c’est toujours quelque chose de très spécial »
Le fait de se retrouver dans un contexte différent, devant son public, ne peut a priori pas lui faire de mal. Alors, même s’il se dit fatigué, sa motivation est maximale et son discours s’est voulu beaucoup plus déterminé et combatif en début de semaine. « Nous sommes tous à 100 % au boulot pour réussir à gagner cette finale. C’est toujours un plaisir de jouer devant notre public, a-t-il rappelé mardi à Séville. Puis la Coupe Davis, c’est toujours quelque chose de très spécial. Nous sommes tous très excités. » Excitation, voilà bien un terme que Nadal n’a jamais employé lors du Masters. C’est plutôt bon signe.
Surtout, il va quitter l’indoor, là où son jeu s’exprime le moins bien, pour fouler à nouveau cette terre battue qu’il affectionne tant. Plus encore que le contexte « national » et le soutien du public, l’argument le plus fort est sans doute la surface. Même sans être à 100 % de ses moyens, ce qui est à l’évidence le cas en ce moment, Nadal reste un monstre sur terre. Rappelons tout de même, statistique ahurissante, qu’il n’a perdu dans toute sa carrière qu’un seul match au meilleur des cinq sets sur la surface ocre (face à Robin Soderling, en 2009, à Roland-Garros). Son capital confiance sur terre est tel qu’il doit pouvoir largement pallier ses difficultés du moment.
Roger Federer, qui avait laminé le fantôme de Nadal en Angleterre, ne s’inquiète d’ailleurs pas pour son grand rival. « Avec Rafa sur terre battue, les Espagnols sont automatiquement les grands favoris », juge le Suisse. Un avis partagé par Tomas Berdych : « Rafa n’a pas joué son meilleur tennis au Masters, mais on sait tous de quoi il est capable sur terre battue et je pense qu’il sera très fort lors de cette finale. » Les Argentins ne devraient donc pas se bercer d’illusions. Le Nadal qui se présentera dans l’arène vendredi ne devrait ressembler que de très loin à celui de Londres. Ce ne sera peut-être pas du grand Nadal. Mais sur terre, qui plus est chez lui, il constitue toujours une équation presque insoluble.

