"La Ligue arabe a décidé malgré elle des sanctions contre la Syrie et nous espérons toujours qu'elle acceptera la solution préconisée" par les Arabes, a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Abou Dhabi.
"Nous continuons d'espérer que Damas acceptera de signer le protocole (régissant une mission d'observateurs arabes en Syrie) sans conditions afin d'éviter les sanctions", a-t-il ajouté, estimant que la Syrie s'était placée et avait placé "les pays arabes dans une situation difficile".
Dimanche, la Ligue arabe a adopté des sanctions sévères contre la Syrie, les premières de cette ampleur à l'encontre de l'un de ses membres, qui prévoient en particulier un gel des transactions commerciales avec le gouvernement syrien et de ses comptes bancaires dans les pays arabes.
Le ministre émirati a indiqué que les Emirats et les autres pays arabes étaient en contact afin "d'établir le mécanisme d'application" de ces décisions.
Interrogé également sur l'adhésion de la Jordanie et du Maroc au Conseil de Coopération du Golfe (CCG), proposée par le groupement régional en mai mais qui n'a pas été suivie de mesures pratiques, le ministre a répondu qu'il n'y avait "pas de consensus au sein du CCG sur l'adhésion des deux pays".
En revanche, "personne au sein du CCG n'est opposé à une relation privilégiée avec le Maroc et la Jordanie", a-t-il ajouté, soulignant que "la différence entre des relations privilégiées et une adhésion" était "minime".
Cheikh Abdallah a affirmé que les pays du CCG, dont l'Arabie saoudite est le chef de file, devaient "tirer la leçon de l'expérience de l'Union Européenne, qui a admis à la hâte dix membres".
La Jordanie est un pays voisin de l'Arabie saoudite, mais le Maroc, un pays d'Afrique du Nord, est situé géographiquement loin des membres du CCG. Ces deux pays sont en revanche des monarchies, au même titre que les membres du groupement régional.
Au sujet du maintien de la force commune du CCG à Bahreïn, le ministre a répondu que ces troupes étaient déployées "à la demande de Bahreïn" et qu'elles ne s'en retireraient que "si ce pays le leur (demandait)".
Ces troupes, essentiellement saoudiennes, se sont déployées en mars à Bahreïn, membre du CCG, pour aider la monarchie sunnite à mater un mouvement de contestation animé principalement par des chiites, majoritaires dans la population.

