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Assassinat Hariri: le Liban a finalement versé sa contribution au tribunal

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a annoncé mercredi avoir versé la contribution du Liban au financement du tribunal de l'ONU chargé de juger les assassins de l'ex-dirigeant Rafic Hariri, une question qui avait menacé de provoquer la chute de son gouvernement.

Le puissant mouvement chiite armé du Hezbollah, qui domine le gouvernement avec ses alliés, avait à maintes reprises réclamé la fin de la coopération du pays avec le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) et refusé que Beyrouth verse sa contribution à cette instance créée par l'ONU.

"Ce matin, j'ai transféré la part du Liban dans le financement du TSL", a déclaré devant les journalistes M. Mikati dans une annonce surprise après le report d'une réunion du Conseil des ministres consacrée à cette question.

"Il s'agit d'une décision nationale qui protège le Liban des répercussions des événements" dans la région, a-t-il dit ."Cette décision témoigne du respect par le Liban de ses engagements internationaux et du principe de la justice. Il ne s'agit pas d'une victoire d'une partie sur une autre".

Il n'était pas clair dans l'immédiat si la décision de transférer les fonds avait été prise de concert avec les autres membres du gouvernement.

Mais selon un responsable gouvernemental, les 32 millions de dollars dus au TSL ont été retirés d'un organisme rattaché au bureau du Premier ministre, le "Comité de secours", chargé des aides en cas d'urgence.

"Cette décision qui sert l'intérêt du pays a été prise par le Premier ministre après consultations avec le président de la République Michel Sleimane", a déclaré à l'AFP ce responsable qui a requis l'anonymat.

Le recours aux fonds du "Comité des secours" semble être une façon de permettre au Hezbollah et à ses alliés de sauver la face, une telle décision ne requérant pas un vote au cabinet.

A La Haye, le porte-parole du TSL, Marten Youssef, s'est félicité de la décision libanaise: "Nous sommes très encouragés par l'annonce du Premier ministre et nous attendons impatiemment de recevoir l'argent. Il faut plusieurs jours pour qu'il soit déposé dans le compte bancaire".

Le 24 novembre, M. Mikati avait menacé de démissionner si son gouvernement refusait de financer le TSL, alors que la pression internationale s'est accentuée pour que Beyrouth honore ses engagements financiers vis-à-vis du tribunal.

Le nouveau président du TSL, David Baragwanath, a effectué la semaine dernière une visite au Liban. Selon un responsable gouvernemental, il a clairement appelé les dirigeants libanais à respecter leurs engagements avant que le dossier ne soit "transféré" devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Le TSL, chargé d'identifier et de juger les responsables de l'attentat à la bombe qui a tué Rafic Hariri et 22 autres personnes le 14 février 2005, a inculpé quatre membres du Hezbollah.

Le mouvement chiite, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, affirme qu'il ne remettra jamais les quatre accusés et accuse le TSL d'être un complot israélo-américain visant à le détruire.

"Si le gouvernement décide de ne pas payer ce qu'il doit au tribunal, le Liban sera la cible de sanctions", avait prévenu M. Mikati.

Mercredi, le Premier ministre a jugé nécessaire que "le TSL continue son travail", tout en soulignant qu'il était important que tribunal soit "juste et impartial, loin de toute politisation".

La part du Liban pour 2011 s'élève à 32 millions de dollars (25,2 millions d'euros), soit 49% du budget du TSL. Le gouvernement avait jusqu'à fin octobre pour effectuer les versements.

Le Liban a payé sa part pendant deux ans sous les gouvernements de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, et de son prédécesseur. Mais en janvier, le Hezbollah et ses alliés ont fait chuter le cabinet Hariri et annoncé qu'ils bloqueraient toute décision concernant le financement du TSL.
Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a annoncé mercredi avoir versé la contribution du Liban au financement du tribunal de l'ONU chargé de juger les assassins de l'ex-dirigeant Rafic Hariri, une question qui avait menacé de provoquer la chute de son gouvernement.Le puissant mouvement chiite armé du Hezbollah, qui domine le gouvernement avec ses alliés, avait à maintes reprises réclamé la fin de la coopération du pays avec le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) et refusé que Beyrouth verse sa contribution à cette instance créée par l'ONU."Ce matin, j'ai transféré la part du Liban dans le financement du TSL", a déclaré devant les journalistes M. Mikati dans une annonce surprise après le report d'une réunion du Conseil des ministres consacrée à cette question."Il s'agit d'une décision nationale qui protège...