L’une des affiches de la campagne menée par Kafa pour dénoncer le viol commis par le conjoint. Photo Kafa
« La sécurité des gens est du ressort de la cour pénale et non des tribunaux chériés, puisque nous ne sommes pas dans un régime islamique, mais dans un régime civil, à l’exception des affaires reliées au statut personnel, insiste Me Ibrahim. Ce projet de loi est donc d’autant plus important qu’il assure une même protection contre la violence à toutes les femmes quelle que soit la communauté religieuse à laquelle elles appartiennent. Il n’est pas normal que les procédures adoptées pour protéger la femme victime de la violence diffèrent d’une communauté à une autre. »
Sur le plan social, ce projet de loi « jette les bases de relations conjugales et familiales non violentes », fait remarquer Me Ibrahim, qui affirme que ce texte « ne va pas à l’encontre des valeurs religieuses, parce qu’il n’y a pas une seule religion au monde qui autorise la violence ». « Les positions réfutant ce projet de loi émanent d’une attitude machiste qui consiste à marginaliser la femme », note-t-elle.
C’est ce qu’affirme à son tour Me Camille Mrad, soulignant que « les instances religieuses, surtout musulmanes, n’ont aucun intérêt à ce que ce projet de loi soit promulgué, parce qu’on s’affranchit de leur autorité ».
« Ce projet de loi est une nécessité, ajoute-t-il. C’est un complément au code pénal, mais spécifique à la femme. Ce qui est très important, puisque la femme, surtout musulmane, n’a pas de droits. Le texte proposé a toutefois besoin d’être mieux cerné, puisque de nombreuses lacunes sont relevées. Selon le texte actuel du projet de loi, à titre d’exemple, celui-ci entre en vigueur en cas de menace de violence. Comment peut-on prouver la menace ? »

