Le mouvement « Occupy Wall street » brave même la pluie pour faire entendre ses revendications. Mike Segar/Reuters
À quelques mètres, Lin Wefel, une frêle retraitée de Pennsylvanie, confie à l’inverse qu’elle n’a plus pu rentrer chez elle depuis le 17 septembre, jour où elle a découvert cette foule qui campe dans un joyeux capharnaüm sur le square, au cœur du quartier de la finance à Manhattan. « J’ai été attirée comme par un aimant », explique cette ancienne militante contre la guerre au Vietnam. Jardinière et retraitée, elle arbore fièrement une petite pancarte où elle a écrit : « Printemps arabe, été européen, automne américain ». Elle dit avoir milité toute sa vie, précise qu’elle a été renvoyée de l’université parce qu’elle protestait contre la guerre au Vietnam. « Je vois ma génération qui établit un lien avec cette nouvelle génération », se réjouit-elle. « Ils n’ont pas besoin qu’on leur dicte des objectifs », ajoute cette démocrate déçue par Obama mais qui revotera quand même pour lui, car « vu ce qu’on a en face... »
Certains manifestants sont chômeurs, d’autres ont abandonné leur travail, certains affichent sans complexe leur âge, d’autres avouent dans un souffle qu’ils n’ont que 17 ans. Mais un même espoir les porte : que les choses changent.
Casey O’Neill a 34 ans, il a démissionné de son poste de gestionnaire de données à Oakland en Californie pour venir camper à Wall Street. Sa compagne a fait de même. « Quand je suis parti, je ne savais pas combien nous serions », dit-il. Pour lui, il s’agit de changer un système où les riches ont tous les droits, et où il y a de plus en plus de pauvres. Il est fier d’un mouvement inspiré par le printemps arabe, qui dure « sans aucune autorisation », et suscite, ajoute-t-il, beaucoup de solidarité. « C’est incroyable de voir tout ce que nous recevons de tout le pays. » Diplômé de philosophie et de sciences politiques, il n’a qu’une inquiétude : que le mouvement échoue ou soit récupéré par des hommes politiques.
Pearle Moore a quant à elle 17 ans et vient du quartier de Queens à New York. Elle campe depuis une dizaine de jours. Sur son matelas gonflable, cette Afro-Américaine aux cheveux platine et roses qui a arrêté l’école mais rêve de faire des études de styliste, explique qu’elle veut « participer à la révolution » et qu’elle veut « un avenir ». « L’économie a affecté toute ma vie », ajoute-t-elle, évoquant le petit « emploi de bureau » de son père et une famille de cinq enfants qui a de plus en plus de mal à finir le mois. Elle a baptisé son bout de campement « Western France », car elle aime « la nourriture française et les garçons français ».
Saum Eskandani, 27 ans, iranien élevé à Las Vegas, acteur et photographe free lance, y est venu pendant ses congés et est finalement resté pour participer avec enthousiasme au fonctionnement du camp. « Nous ne connaissons pas encore quel sera notre message », dit-il. « Les gens veulent une réponse rapide. Nous y travaillons. Et nous aurons une superréponse », ajoute-t-il. Exalté par ce qu’il vit, il confie qu’il n’a pas de souci financier et qu’il a du temps à offrir. Il doit partir prochainement en France, à Cannes pour son travail, a hésité à annuler. Mais « je reviendrai immédiatement ici après », affirme-t-il.
(Source : AFP)


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