Dans son livre, l’auteur s’adresse particulièrement à la nouvelle génération, lui demandant de reprendre les valeurs du Conseil national de la résistance. Ce cadre, créé par Jean Moulin à la fin de la Seconde Guerre mondiale, est « un ensemble de valeurs et de principes sur lesquels reposait la démocratie moderne » de la France, à l’époque du général de Gaulle.
C’est à ce moment-là que la Sécurité sociale a vu le jour, que la liberté de la presse et l’éducation pour tous ont été prônées. Or c’est « tout le socle des conquêtes sociales de la résistance qui est aujourd’hui remis en cause ».
Stéphane Hessel rappelle que le motif de la résistance était l’indignation. Les vétérans appellent les jeunes « à faire vivre, transmettre » l’héritage de la résistance et ses idéaux : « Prenez le relais, indignez-vous ! »
Pour l’auteur, les deux grands défis d’aujourd’hui sont : « L’immense écart entre les très pauvres et les très riches, qui ne cesse de s’accroître, et les droits de l’homme et la planète. » Les jeunes doivent prendre le courant de l’histoire, l’indifférence étant la pire des choses.
Stéphane Hessel a été associé par ailleurs à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Celle-ci a vu le jour pour que le monde s’émancipe des menaces que le totalitarisme a fait peser sur l’humanité. Depuis, de nombreuses ONG ont été créées, à l’instar d’Amnesty international, pour le plus grand plaisir de M. Hessel. « Pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau », souligne-t-il, disant aux jeunes : « Cherchez et vous trouverez les thèmes qui justifient votre indignation. »
Aujourd’hui, la principale indignation de M. Hessel reste la Palestine. C’est à travers cet exemple qu’il explique à ses lecteurs que la cause de la violence est l’exaspération, mais pour celui qui prône le chemin de la non-violence, il ne faut pas « ex-aspérer » mais « es-pérer », parce que « l’exaspération est le déni de l’espoir ».
Stéphane Hessel insiste : « C’est par la non-violence que l’humanité devra franchir sa prochaine étape. »
Les vétérans appellent à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance pour tous.
À ceux et à celles qui feront le XXIe siècle, nous disons : Créer, c’est résister. Résister, c’est créer. »
K.J.


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