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Culture - Initiative

Dana Adada et Colette Kahil emmurent le passé

Elles sont deux à avoir habillé la façade d’un célèbre restaurant de Beyrouth de mosaïques. Dana Adada et Colette Kahil ont réussi à allier le moderne à l’ancien et à conjuguer le passé au présent.

Dana Adada et Colette Kahil à l’œuvre.

L’idée a germé d’abord dans l’esprit de Lina Letayf, gérante du restaurant Paul, pour enfin prendre forme grâce à deux artistes confirmées, Dana Adada et Colette Kahil. «Elle voulait recouvrir un mur aveugle, dit Kahil, et mettre en valeur l’emplacement de l’établissement situé sur une ancienne muraille hellénistique de Beyrouth.» «Le mur est d’ailleurs encore visible», ajoutera l’artiste. «C’est donc le Musée national, poursuit-elle, qui nous a fourni une carte archéologique dont on a pu s’inspirer. Nous avons ainsi reconstitué ce document, en ajoutant notre vision des choses tout en respectant les repères historiques et en les adaptant aux éléments contemporains. » Au bout du compte, une façade en mosaïque, stylisée mais authentique.
Cette complicité dans le travail, cette magnifique entente amicale ont pourtant commencé par de simples rapports élève-enseignante. En effet, diplômée de l’École des beaux-arts de l’UL, Dana Adada s’initie à l’art de la mosaïque auprès d’un artiste italien de passage au Liban avant de se lancer toute seule dans des expérimentations diverses. Depuis, elle donne des cours de mosaïque à l’UPT, expose à Mascate (Oman) et y remporte le premier prix pour un tapis persan tout en mosaïque. C’est au Garden Show que sa balançoire est remarquée et même récompensée. Colette Kahil, qui travaille la porcelaine depuis 18 ans, une technique apprise à Londres, laisse tomber, après maintes expositions, cette discipline pour se consacrer entièrement à l’art de la mosaïque et, plus particulièrement, à la technique du pique-assiette (mosaïque élaborée à partir d’assiettes cassées, souvent en porcelaine de Chine). Kahil récupérera ainsi ses propres objets peints sur porcelaine qu’elle aura auparavant cassés. Après avoir participé à trois expositions avec Adada, elle va conjuguer ses efforts à ceux de cette dernière, qui lui aura enseigné la technique, et réaliser ce projet.
Un mois de recherches, trois mois de travail sans relâche de 8 à 23 heures et, enfin, 10 jours d’installation. C’est ce qui a fallu à ces artistes qui, courbées sur leur œuvre ou juchées sur des échafaudages, ont su combiner le travail de sculpteur à celui de peintre et d’architecte.
Au bout du compte donc, un dessin de 9 m2, comme un puzzle, de pâtes de verre, d’émaux de Briare, de pierres de marbre et d’acier inoxydable coupés chacun en 26 petites pièces et une dégradation de plus de soixante couleurs. Une œuvre colorée et tout en transparence qui redonne vie au «tell» antique, à l’ancien hippodrome, au port, ainsi qu’aux différentes portes: Bab-Idris, Bab-Yaacoub, Bab el-Saraya, en les représentant avec le Beyrouth moderne et ses gratte-ciel.
L’idée a germé d’abord dans l’esprit de Lina Letayf, gérante du restaurant Paul, pour enfin prendre forme grâce à deux artistes confirmées, Dana Adada et Colette Kahil. «Elle voulait recouvrir un mur aveugle, dit Kahil, et mettre en valeur l’emplacement de l’établissement situé sur une ancienne muraille hellénistique de Beyrouth.» «Le mur est d’ailleurs encore visible», ajoutera l’artiste. «C’est donc le Musée national, poursuit-elle, qui nous a fourni une carte archéologique dont on a pu s’inspirer. Nous avons ainsi reconstitué ce document, en ajoutant notre vision des choses tout en respectant les repères historiques et en les adaptant aux éléments contemporains. » Au bout du compte, une façade en mosaïque, stylisée mais authentique. Cette complicité dans le travail, cette magnifique entente...
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