À première vue, le match France-pays de Galles semble déséquilibré, tant les Français ont été dominateurs sur la dernière décennie : 10 succès français en 13 matches disputés depuis 2000, nourris notamment par un impeccable 3 sur 3 depuis 2009.
Paradoxalement, ces chiffres effraient un peu les Français, jamais à l’aise face à un adversaire soi-disant plus faible. Surtout, la sécheresse des chiffres cache les progrès des Gallois, équipe la plus régulière (meilleure défense avec 44 points encaissés en 5 matches) et peut-être la plus impressionnante depuis le début du Mondial.
Une préparation physique-commando dans les forêts polonaises en août leur a donné un physique increvable, au service d’un jeu ambitieux porté par une génération bourrée de talent, incarnée par le capitaine Sam Warburton ou le centre Jamie Roberts.
Loin du niveau affiché par les Gallois au premier tour face à l’Afrique du Sud (défaite 17-16), ou face aux Fidji (66-0), les Français arrivent avec pour tout bagage une victoire sur l’Angleterre (19-12) en quarts de finale. Un succès qui a, comme par enchantement, balayé les doutes du premier tour achevé sur deux défaites, face à la Nouvelle-Zélande (37-17) et surtout aux Tonga (19-14).
Quel visage présentera le XV de France samedi ? Quelques-uns de ses cadres, comme Servat, Nallet, Harinordoquy, ou Yachvili, qui tiendra finalement sa place, devront activer les bons ressorts pour éviter une nouvelle sortie de route. Et pourquoi pas hisser les Bleus en finale, comme en 1987 et 1999.
Autre grand classique du rugby international, Nouvelle-Zélande-Australie, « derby de la mer de Tasmanie », va se disputer sur fond d’incertitudes.
Classés « favoris n° 1 » avant le début du Mondial, les All Blacks ont été touchés par une cascade de forfaits (les demis d’ouverture Carter et Slade, l’arrière Muliana) et aborderont ce match avec leur « troisième choix » Aaron Cruden, au poste stratégique de n° 10.
Sa performance constituera l’une des clés du match, comme l’affrontement direct entre les deux n° 7, le capitaine des All Blacks Richie McCaw, diminué par une douleur permanente au pied droit, séquelle d’une opération en février, et l’Australien David Pocock, roi du jeu au sol en quarts de finale face à l’Afrique du Sud (11-9).
Les Wallabies sont eux confrontés à une incertitude concernant la présence de l’arrière Kurtley Beale, touché à une cuisse face aux Springboks. Son éventuelle absence constituerait un handicap sérieux pour les Wallabies, tant il est précieux pour ses qualités de relanceur notamment.
Pour le reste, les Australiens, vainqueurs (25-20) des All Blacks le 27 août lors de la « finale » du Tri-Nations, aborderont cette demi-finale dans les meilleures dispositions mentales, débarrassés des problèmes de blessures qui avaient pollué leur premier tour. Et surtout prêts à briser le rêve de 4 millions de Néo-Zélandais qui poussent derrière les All Blacks pour remporter la Coupe du monde après 24 ans d’attente.
(Source : AFP)

