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Liban - Liban

« L’énigme » Nagib Mikati...

En dépit des pressions internationales et sociales internes, le Premier ministre garde un calme olympien. Au point que ses partenaires politiques disent de lui qu’il constitue une énigme. Sans faire des vagues ni multiplier les cris, Nagib Mikati est en train de marquer des points et chaque fois qu’il est donné acculé, il réussit à s’en sortir sans dommages. Depuis la formation de son gouvernement, Nagib Mikati aurait menacé à deux reprises de démissionner : au moment des discussions sur le plan global de relance de l’électricité et plus récemment lors du vote du Liban au Conseil de sécurité de l’ONU au sujet du projet de résolution contre le régime syrien.
Concernant le plan de l’électricité, Mikati ne voulait pas avoir l’air de céder devant le ministre Gebran Bassil et le chef du CPL et finalement, un compromis qui sauve la face des deux parties a été trouvé donnant dans la forme au Premier ministre et maintenant le fond au ministre, qui, selon la Constitution, bénéficie d’ailleurs de larges prérogatives dans la gestion des fonds de son ministère.
Pour le vote libanais, l’affaire a été plus rapide et moins publique. Alors que le ministre des Affaires étrangères avait demandé au représentant permanent du Liban à l’ONU de voter contre le projet de résolution, Mikati s’est adressé directement à ce dernier et lui a demandé de s’abstenir de voter. Un début de polémique interne avait commencé à se faire entendre, mais le Premier ministre a multiplié les contacts pour l’étouffer dans l’œuf, allant même jusqu’à menacer de démissionner. Pourtant, il a déclaré à ses interlocuteurs, au cours de son voyage à New York, que si une résolution prévoyant des sanctions contre la Syrie était adoptée au Conseil de sécurité, le Liban ne pourrait que l’appliquer, allant ainsi bien loin dans la position officielle à l’égard du régime syrien. Cette attitude inattendue a d’ailleurs été largement appréciée au sein de la communauté internationale qui lui deviendrait, selon des sources diplomatiques occidentales, de plus en plus favorable. Ses interlocuteurs étrangers, et notamment américains, seraient ainsi impressionnés par son calme, sa patience et sa capacité à imposer ses points de vue sans heurter ses partenaires. Au point que la communauté internationale qui parraine le TSL serait prête à prolonger les délais de financement de ce tribunal jusqu’à la fin de l’année et peut-être même un peu au-delà pour permettre à Mikati de trouver une solution dans le calme. Ce point de vue a d’ailleurs été repris par le président de la Chambre Nabih Berry qui, au cours de son dernier entretien avec Nagib Mikati, aurait conseillé à ce dernier d’attendre un peu (deux ou trois mois) avant d’accepter de payer la part du Liban dans le financement du tribunal international. Il lui aurait aussi conseillé de retirer ce dossier du débat dans les médias pour donner toutes leurs chances aux solutions de compromis.
La patience et le silence seraient d’autant plus de mise que la démission du président du TSL, le juge Antonio Cassese, a fait éclater au grand jour les tiraillements au sein de ce tribunal et ses difficultés à démarrer véritablement. Pour l’instant, tous les pouvoirs restent concentrés entre les mains du procureur Bellemare et de son bureau, mettant ainsi en difficulté les juges membres de la cour qui sentent leurs prérogatives rognées par le parquet. Officiellement, la démission du juge Cassese a été dictée par des problèmes de santé. Mais ces problèmes ne le poussent toutefois pas à renoncer à ses fonctions au sein du tribunal en tant que simple magistrat, au lieu de président du tribunal. Des sources libanaises qui suivent de près le dossier du TSL affirment que Cassese avait exprimé le souhait de démissionner depuis près d’un an et que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon lui avait demandé de ne pas le faire. C’est aussi le secrétaire général de l’ONU qui lui a demandé cette fois de ne pas quitter totalement le TSL car un tel départ affaiblirait la crédibilité de celui-ci surtout après la campagne farouche menée par le Hezbollah et ses alliés contre cette instance et contre Cassese lui-même. Ban Ki-moon aurait même promis que les prérogatives de la cour devraient augmenter dès le début du procès, même si le procureur peut poursuivre son enquête jusqu’au jugement. À cet égard, il semble que le procureur aurait renoncé pour l’instant à publier un supplément à l’acte d’accusation dans lequel de nouveaux noms seraient cités.
Pour toutes ces raisons (et peut-être pour d’autres), le gouvernement pourrait prendre son temps pour trouver une issue acceptable au problème du financement du TSL, d’autant que le Premier ministre sait parfaitement que le maintien de son gouvernement est une nécessité aussi bien pour les parties internes que pour les parties régionales et internationales. Au cours de ses entretiens à New York, Mikati aurait ainsi clairement entendu de la part de ses interlocuteurs qu’aucun d’entre eux ne souhaite pour l’instant que le chaos s’installe au Liban. Au contraire, il serait préférable pour les Américains et leurs alliés d’y maintenir le calme alors que la plupart des régimes qui l’entourent son ébranlés. De même, le régime syrien préfère de loin traiter avec ce gouvernement qui lui reste favorable plutôt que d’avoir à composer avec une vacance de pouvoir ou avec un gouvernement chargé des affaires courantes. Enfin, le Hezbollah que certaines parties au sein du 14 Mars accusent de vouloir faire chuter le gouvernement, ou, en tout cas, de vouloir le pousser à refuser le financement du TSL en « manipulant » la pression sociale, reste très soucieux de maintenir la cohésion gouvernementale et sa priorité reste d’assurer la survie de ce gouvernement, quitte à devoir faire quelques concessions. Mais cela n’empêche pas les proches du secrétaire général du Hezbollah de dire qu’il ne parvient pas encore à « cerner » la personnalité de Mikati.
En dépit des pressions internationales et sociales internes, le Premier ministre garde un calme olympien. Au point que ses partenaires politiques disent de lui qu’il constitue une énigme. Sans faire des vagues ni multiplier les cris, Nagib Mikati est en train de marquer des points et chaque fois qu’il est donné acculé, il réussit à s’en sortir sans dommages. Depuis la formation de son gouvernement, Nagib Mikati aurait menacé à deux reprises de démissionner : au moment des discussions sur le plan global de relance de l’électricité et plus récemment lors du vote du Liban au Conseil de sécurité de l’ONU au sujet du projet de résolution contre le régime syrien.Concernant le plan de l’électricité, Mikati ne voulait pas avoir l’air de céder devant le ministre Gebran Bassil et le chef du CPL et finalement, un...
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Kamel, tu donnes trop de caractère sérieux à la badinerie. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

05 h 19, le 12 octobre 2011

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Commentaires (4)

  • Kamel, tu donnes trop de caractère sérieux à la badinerie. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    05 h 19, le 12 octobre 2011

  • Énigmatique ? ou Logogriphe ? Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    04 h 42, le 12 octobre 2011

  • On passe à présent de statu de 1er Ministre du hezbollah, à celui de rebelle au hezbollah. Que pourraient dire les accusateurs de la 1ere heure à présent ? comprendront ils enfin que la necessité absolue était de faire partir un incompétent ( que Dieu guide ses pas), pour enfin traiter avec des gens responsables et pondérés qui pourront faire accepter certaines choses avec raison ? Le gouvernement n'a jamais été aussi vivant, le parlement aussi, tout n'est pas parfait certes, mais au moins on s'occupe sérieusement de choses sérieuses avec des responsables sérieux et servi par une certaine jounaliste on ne peut plus sérieuse.

    Jaber Kamel

    04 h 05, le 12 octobre 2011

  • 1)Son caractère énigmatique n'est-il pas simplement celui de Iznogood, le fameux qui voulait devenir Vizir à la place du Vizir ? 2) "Marquer des points chaque fois qu'il est donné pour acculé " : c'est presque la définition de Opportunisme. 3) "Menacé de donner sa démission lors de la condamnation du régime syrien" : bravo pour le soutien aux massacres en Syrie ! Vous avez vu l'émission de Arte hier ? Une horreur, ce régime de la dynastie des Assad. Et il y en a qui appellent cela de l'intelligence en politique ! 4) Electricité : Mr Mikati a trouvé une solution qui sauve la face des deux parties ? Avez-vous suivi ce dossier, Mme ? L'opposition a tout simplement empéché le petit du général de s'en mettre plein la poche ! 5) Toutes les assertions sur les dires de Ban Ki Moon sont de votre imagination. La démission ne signifie aucunement des tiraillements au sein du TSL. Depuis l'existence du TSL vous vous inventez des histoires pour prouver que le mal est chez celui qui le combat. Tellement enfantin ! La démission de Cassese n'a pas "fait éclater au grand jour les tiraillements au sein du TSL", mais bien la mauvaise foi des journalistes du General. Votre problème est dans vos sources que vous citez toujours. Elles ne viennent que du huit mars. Et aussi dans vos ressources , car vous les croyez sur parole.

    Saleh Issal

    03 h 37, le 12 octobre 2011

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