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Dernières Infos - Révolte

Damas menace les pays qui reconnaîtront le CNS

Ankara condamne l'assassinat de l'opposant kurde syrien Mechaal Tamo.

Mouallem a qualifié le CNS d'"illégitime". Mario Tama/Getty Images/

La Syrie va prendre des mesures contre les pays qui reconnaîtront le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des mouvements de l'opposition au régime du président Bachar al-Assad, a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. "Nous allons prendre des mesures importantes contre tout pays qui reconnaîtra ce Conseil illégitime", a affirmé M. Mouallem lors d'une conférence de presse.

 

Né fin août à Istanbul, le CNS qui réunit pour la première fois toutes les tendances politiques, regroupe notamment les Comités locaux de coordination (LCC) qui chapeautent les manifestations sur le terrain, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens.

 

"Il y a des groupes armés qui procèdent à des actes de violence en Syrie et qui ont tué ce grand nombre de martyrs. En Occident, ils parlent d'une révolution pacifique en Syrie et ne reconnaissent pas ces groupes tout en les finançant et en leur livrant des armes", a affirmé le ministre. "C'est un groupe terroriste armé qui a tué le martyr Mechaal Tamo, (...) afin de provoquer des dissensions dans la région de Hassaké" à majorité kurde, a assuré M. Mouallem, ajoutant que "cet opposant s'est élevé contre toute intervention étrangère en Syrie".

 

Mechaal Tamo, 53 ans, qui avait rejoint le CNS, a été tué vendredi par des inconnus à bord d'un véhicule alors qu'il se trouvait devant le domicile d'un ami à Qamichli dans le nord-est de la Syrie, selon des militants. Samedi, les forces de sécurité syriennes ont tiré sur l'immense foule participant à ses funérailles, faisant deux morts.

Le régime syrien, secoué depuis la mi-mars par un mouvement de contestation sans précédent, ne reconnaît pas l'ampleur de ce mouvement et accuse régulièrement des "bandes terroristes armées" de perpétrer des assassinats pour déstabiliser le pays.

 

Concernant la position de la Turquie, dont les relations se sont dégradées avec la Syrie depuis le soulèvement populaire, M. Mouallem a indirectement menacé son voisin turc. "La Syrie ne restera pas les bras croisés. Si la Turquie nous lance une fleur, nous lui lancerons une autre fleur", a-t-il affirmé en réponse à une question.

 

Les relations autrefois cordiales entre Ankara et Damas se sont considérablement dégradées. Le chef du gouvernement turc a fermement condamné la répression et a plaidé à plusieurs reprises en faveur de réformes démocratiques avant d'annoncer avoir rompu avec le régime de Damas.

 

"Nous condamnons vivement les tentatives visant à en finir avec l'opposition syrienne et la multiplication des attaques contre les principaux représentants de l'opposition", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué publié samedi soir sur son site internet.

La Turquie dénonce par ailleurs "l'ignoble assassinat" de Mechaal Tamo et condamne l'attaque au cours de laquelle un dissident, Riad Seif, a été blessé, a précisé le ministère. "La Turquie espère que le gouvernement syrien comprendra rapidement que la violence visant à en finir avec l'opposition ne changera pas le cours de l'histoire", a ajouté le ministère turc.

 

L'opposant et ancien député syrien Riad Seif, a été battu par des agents de sécurité, vendredi devant la Mosquée al-Hassan à Damas.

 

Parallèlement, sur le terrain, de plus en plus de soldats syriens choisissent de fuir leur pays malgré la peur des représailles du régime Assad. Dans une entrevue accordée à l'AFP, le lieutenant Amine qui est entré clandestinement au Liban, en juin, avec ses parents et ses frères et sœurs, s'est décidé à faire défection lorsque l'armée syrienne a pris d'assaut son propre village dans la province de Homs. "Je ne pouvais plus supporter les exactions de l'armée", affirme ce lieutenant de 25 ans, en demandant que son vrai nom ne soit pas utilisé. Il raconte avoir vu dans Homs des soldats forcer la maison d'un militant présumé et tirer sur les jambes de son épouse et de sa fille pour les forcer à leur dire où il se trouvait.

"Je suis parti parce que j'avais besoin de vivre avec la conscience tranquille", déclare Amine. "J'ai rejoint l'armée pour protéger mon peuple et ma terre, pour libérer le Golan (occupé par Israël) et non pour libérer Homs et Deraa (sud)".

 

Plusieurs soldats syriens ont fait défection ces derniers mois avec des récits similaires, parlant d'une campagne de "terre brûlée" menée par le régime baasiste et ses redoutables milices armées, les "chabbiha", pour étouffer la révolte populaire. Ils ont trouvé refuge en Turquie, ou au Liban, où ils ont rejoint les quelque 5.000 réfugiés Syriens qui ont fui les violences. Comme preuve de leur identité, ils montrent leurs documents militaires à l'AFP.

Selon des informations de presse non confirmées, certains ont formé un groupe clandestin appelé l'Armée syrienne libre.

 

Experts et diplomates estiment que le phénomène n'est pas très répandu, mais qu'il témoigne de l'hostilité grandissante à la répression brutale qui a fait, selon l'ONU, plus de 2.900 morts depuis le début mi-mars de la révolte.

 

"J'ai fait défection avant d'avoir à choisir entre tuer quelqu'un ou être moi-même tué pour ne pas avoir obéi aux ordres", dit Rami, membre du renseignement militaire qui a fui au Liban, décrivant une armée de soldats désabusés mais soumis par la terreur. "Les soldats sont surveillés de très près par leurs supérieurs et dès qu'un soupçon pèse sur eux, ils deviennent une cible", raconte Rami, la quarantaine, qui, comme les autres déserteurs, n'utilise pas son vrai nom. "Lorsque cela arrive, il faut rapidement emmener la famille et plier bagage".

Les soldats dont la loyauté est mise en doute sont placés en première ligne. "Si vous ne tirez pas, ils vous tueront et diront à votre famille que c'était l'oeuvre d'un gang terroriste armé", explique Rami.

 

Youssef, un frêle soldat de 20 ans arrivé au Liban en août, raconte que l'ordre était donné à son unité à Homs de tirer sur des gens même s'ils ne manifestaient pas, afin de terroriser la population. Un jour, les membres de son unité ont reçu l'ordre de tirer "dans le dos" d'un homme sans arme circulant à vélo. "Il s'est vidé de son sang sans que sa famille ne puisse lui porter secours. Je ne sais pas pourquoi il a été tué, il ne représentait aucune menace", raconte-t-il avec beaucoup d'émotion. Et les services de sécurité tirent souvent sur les soldats pour accréditer la version du régime selon laquelle des "groupes terroristes armés" sont à l'origine des troubles, assure-t-il.

 

Maher, un militant ayant fui au Liban, raconte qu'il a été chargé avec d'autres opposants à Homs de trouver des refuges, des vivres et des vêtements civils pour les déserteurs. Selon lui, beaucoup de ces déserteurs sont toujours dans la région et attendent des armes pour pouvoir faire face à la répression.

 

Youssef, lui aussi, voudrait les rejoindre: "Moi, je n'ai pas fui. Je veux retourner très vite dans mon pays, avant la chute du régime, car je veux combattre ceux qui s'en prennent à mon peuple".

 

La Syrie va prendre des mesures contre les pays qui reconnaîtront le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des mouvements de l'opposition au régime du président Bachar al-Assad, a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. "Nous allons prendre des mesures importantes contre tout pays qui reconnaîtra ce Conseil illégitime", a affirmé M. Mouallem lors d'une conférence de presse.
 
Né fin août à Istanbul, le CNS qui réunit pour la première fois toutes les tendances politiques, regroupe notamment les Comités locaux de coordination (LCC) qui chapeautent les manifestations sur le terrain, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens.
 
"Il y a des groupes armés qui procèdent à des actes de...