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Dernières Infos - Syrie

Washington à Assad : Partez "maintenant" !

Tirs lors des funérailles de Mechaal Tamo, au moins deux morts ; la Russie accueillera mardi une délégation de l'opposition syrienne.

 Plus de 50.000 manifestants ont participé aux obsèques de Mechaal Tamo, samedi, à Qamishli. Photo Youtube/

La Maison Blanche a condamné avec force, dans la nuit de vendredi à samedi, les dernières violences en Syrie, dont l'assassinat d'un chef de l'opposition kurde, et appelé le président Bachar el-Assad à quitter le pouvoir "maintenant".

"Les Etats-Unis condamnent fermement la violence contre les membres de l'opposition, où que ce soit (...). Ces actes mettent encore en évidence le fait que les promesses de réforme et de dialogue du régime syrien sont creuses", a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.

"Les attaques d'aujourd'hui (hier) illustrent les dernières tentatives en date du régime syrien de faire taire l'opposition pacifique à l'intérieur de la Syrie. Le président Assad doit partir maintenant, avant que son pays n'aille plus loin dans cette direction très dangereuse", a affirmé M. Carney dans un communiqué.

 

 

Vendredi, et pour la première fois, le président russe Dmitri Medvedev a envisagé, de son côté, le départ de Bachar el-Assad, même si Moscou maintient son opposition à toute ingérence dictée par les Occidentaux. "Nous travaillons activement avec les dirigeants syriens pour qu’ils procèdent aux réformes indispensables. S’ils ne sont pas capables de mener ces réformes, ils doivent partir", a-t-il dit. "Mais c’est au peuple et au régime syrien de décider cela, et non pas à l’OTAN ou à certains pays européens." 

Par ailleurs, la Russie accueillera mardi une délégation de l'opposition syrienne, a indiqué samedi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov cité par l'agence ITAR-TASS. "Nous sommes prêts à les rencontrer au ministère des Affaires étrangères. Probablement le 11 octobre s'ils parviennent à arriver à temps," a déclaré M. Bogdanov. La délégation, qui doit rencontrer les diplomates russes de manière informelle, sera constituée de "cinq ou six représentants de divers partis d'opposition," a déclaré M. Bogdanov en marge d'un forum à Rhodes en Grèce. "Nous sommes prêts à entendre les arguments de l'opposition au régime de Damas et à leur exposer directement sans intermédiaire notre analyse et notre avis", a-t-il ajouté.

 

Dans un nouveau signe de divisions de la communauté internationale sur la Syrie, les ministres vénézuelien et cubain des Affaires étrangères, Nicolás Maduro et Bruno Rodríguez, prendront dimanche la tête d'une mission régionale en Syrie pour soutenir M. Assad et repousser "toutes les formes d'interventionnisme" contre ce pays.

 

 

Les leaders de l'opposition dans le collimateur

 

L'escalade dangereuse sur le terrain est à l'origine de ces fermes prises de position. Un chef de l’opposition kurde membre du Conseil national syrien (CNS), Mechaal Tamo, a été assassiné vendredi à Qamishli dans le nord-est de la Syrie, selon des opposants. "Quatre hommes armés et masqués se sont introduits dans la maison de Mechaal Tamo et ont tiré sur lui, ainsi que sur son fils Marcel et une collègue", qui ont tous deux été blessés, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), sans préciser qui était à l’origine des tirs. L’agence officielle syrienne SANA a quant à elle confirmé la mort de M. Tamo, précisant toutefois qu’il avait été tué par des "hommes armés à bord d’une voiture noire qui ont tiré sur son véhicule". À l’annonce de ce décès, des milliers de manifestants kurdes sont descendus dans les rues, en particulier devant l’hôpital de Qamichli, où la dépouille mortelle de M. Tamo a été transportée.

Lors de ses funérailles, samedi, deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées quand les forces de sécurité ont tiré sur l'immense foule, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Plus de 50.000 manifestants ont participé aux obsèques. "Les funérailles de Mechaal Tamo se sont transformées en une manifestation appelant à la chute du régime", a expliqué l'OSDH dans un communiqué.

 L'Union européenne a condamné samedi "avec la plus grande fermeté" l'assassinat de Mechaal Tamo. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, "condamne la brutale répression ainsi que tous les actes favorisant les conflits interethniques et interconfessionnels" en Syrie, fait-elle savoir samedi dans un communiqué.


Ailleurs en Syrie, trois civils sont morts à Douma près de Damas, dont un par des tirs des troupes contre des funérailles, selon l'OSDH. Trois autres ont été tués à Hama (nord), un quatrième à Homs (centre) et un autre a succombé à ses blessures infligées en détention à Damir dan la région de Damas.

 

Par ailleurs, trois hommes ont été arrêtés samedi par la police à Londres après être montés sur un balcon de l'ambassade de Syrie, où ils ont brandi un drapeau kurde, lors d'une manifestation. Trois autres hommes et une femme ont également été interpellés pour des infractions lors de cette manifestation qui a rassemblé entre 50 et 60 personnes à l'extérieur de l'ambassade, a indiqué un porte-parole de la police. Mais aucun manifestant n'est rentré dans les locaux de l'ambassade, a-t-on ajouté de même source.

A Vienne, 11 opposants syriens ont également été interpellés dans la nuit de vendredi à samedi après avoir réussi à pénétrer dans l'ambassade de Syrie.

 

 

Le CNS s'active


Entretemps, quelque 90 représentants de l'opposition, dont des membres du Conseil National Syrien (CNS), sont réunis jusqu'à dimanche au nord de Stockholm. Burhan Ghalioun, figure historique de l'opposition et représentant provisoire du CNS, participe à la réunion, selon le Centre international Olof Palme.
Des opposants du CNS se trouvaient aussi au Caire mais leur réunion destinée à élire une direction a été reportée à une date indéterminée en raison de "problèmes techniques", selon l'un des membres de la coalition.
Créé fin août à Istanbul, le CNS rassemble la majorité des courants de l'opposition, en particulier les LCC, les libéraux, les Frères musulmans et des partis kurdes et assyriens. Il cherche à rallier le soutien des pays arabes et à développer ses contacts avec les pays occidentaux.

La Maison Blanche a condamné avec force, dans la nuit de vendredi à samedi, les dernières violences en Syrie, dont l'assassinat d'un chef de l'opposition kurde, et appelé le président Bachar el-Assad à quitter le pouvoir "maintenant".
"Les Etats-Unis condamnent fermement la violence contre les membres de l'opposition, où que ce soit (...). Ces actes mettent encore en évidence le fait que les promesses de réforme et de dialogue du régime syrien sont creuses", a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.
"Les attaques d'aujourd'hui (hier) illustrent les dernières tentatives en date du régime syrien de faire taire l'opposition pacifique à l'intérieur de la Syrie. Le président Assad doit partir maintenant, avant que son pays n'aille plus loin dans cette direction très dangereuse", a affirmé M. Carney...