« Il parle de la mort, de l’histoire et de la mémoire qui nous regardent, nous façonnent et nous rendent importants (...) on ne peut jamais se sentir petit après avoir lu la poésie de Tranströmer », a commenté le secrétaire de l’Académie suédoise Peter Englund.
« La plupart des recueils de poésie de Tranströmer sont empreints d’économie, d’une qualité concrète et de métaphores expressives », ajoute l’académie.
Il « n’est pas un auteur prolifique », mais la simplicité et l’expressivité de ses poèmes ont permis une traduction de son œuvre dans plus de 60 langues, selon M. Englund.
Débutée par des poèmes traditionnels sur la nature, son œuvre s’est peu à peu assombrie, elle est devenue plus personnelle et plus libre, à la recherche de la transcendance et de la compréhension de l’inconnu.
Dans ses derniers recueils, et notamment l’ultime paru en 2004 et qui regroupe 45 haikus, ces petits poèmes d’origine japonaise extrêmement brefs visant à dire l’évanescence des choses, il « tend à un format encore moindre et à un degré encore plus grand de concentration », explique l’Académie suédoise.
M. Englund a souligné que « cela faisait 40 ans qu’un Suédois n’avait pas gagné » et que Tranströmer « était pressenti chaque année depuis 1993 ».
En 1974, l’Académie suédoise avait partagé, fait très rare, le Nobel de littérature entre deux auteurs suédois, Eyvind Johnson et Harry Martinson.
Malgré cela, « il a été surpris » en recevant le fameux coup de téléphone lui annonçant la grande nouvelle.
« Il écoutait de la musique », a raconté M. Englund, confirmant une habitude du poète racontée plus tôt par son épouse Monica selon laquelle la musique était devenue plus importante pour Tranströmer que l’écriture depuis quelques années.
En plus d’en écouter tous les matins, il joue du piano quotidiennement, mais de la main gauche seulement car la droite est abîmée depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 1990.
Depuis, il s’exprime très mal par la parole et il laisse son épouse Monica parler pour lui.
« Il ne pensait pas ressentir (cette joie) un jour », a ainsi déclaré Monica à l’agence suédoise TT après l’annonce du Nobel.
Né le 15 avril 1931 à Stockholm, Tomas Tranströmer a été élevé par sa mère après le départ, très tôt, de son père.
Ayant obtenu son diplôme de psychologie en 1956, il a été embauché à l’Institut psychotechnique de l’Université de Stockholm, avant de s’occuper, en 1960, de jeunes délinquants dans un institut spécialisé.
Tout en édifiant une riche œuvre poétique, il a travaillé avec des handicapés, des condamnés et des toxicomanes.
Tomas Tranströmer vit à Stockholm avec son épouse Monica. Ils ont deux filles.
Le poète succède au romancier hispano-péruvien Mario Vargas Llosa et recevra son prix, et notamment un chèque de 10 millions de couronnes (1,08 million d’euros), le 10 décembre lors d’une cérémonie officielle à Stockholm.


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