Un influent cheikh chiite a condamné le recours à la violence au lendemain de heurts entre manifestants et forces dans l'ordre dans une localité chiite de l'est de l'Arabie saoudite, qui ont fait 14 blessés selon les autorités. Lors d'un prêche mardi soir dans la mosquée de Awamiya, mis en ligne sur internet, cheikh Nimer al-Nimer a affirmé qu'il "n'est ni dans notre intérêt ni de nos coutumes" d'avoir recours à la violence "pour obtenir nos droits politiques et religieux". "Notre position n'est pas de répondre aux balles par les balles, car la parole est plus forte que les armes", a encore dit le dignitaire religieux qui s'adressait à la population de Awamiya. Il a accusé les autorités d'avoir "provoqué" les habitants en "tirant dans les rues pendant des heures", mais appelé dans le même temps les jeunes à "garder leur sang-froid" et ne pas sortir "masqués" pour affronter les forces de sécurité.
Les autorités saoudiennes accusent pour leur part des "fauteurs de troubles" à la solde d'un pays étranger, dans une allusion voilée à l'Iran, d’avoir déclenché les heurts.
La majorité des quelque deux millions de chiites saoudiens vivent dans la province orientale riche en pétrole et se plaignent de discrimination.
Les troubles survenus à Awamiya lundi soir sont les premiers depuis des manifestations à la mi-mars pour protester contre l'aide militaire saoudienne dans la répression d'un mouvement de contestation dirigé par les chiites dans le royaume voisin de Bahreïn.

