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Culture - Concert

La musique en tous lieux, une réponse à un appel d’amour...

Elizabeth Sombart, la pianiste aux pieds nus, et l’Orchestre Solidaire Résonnance ont offert aux Libanais un cycle de concerts qui sortent du rang. Des Réserves de Maasser el-Chouf à l’Association Offre-Joie à Kfifane, en passant par le camp de Bourj Brajneh, la Salle Safadi à Tripoli et l’Auditorium Pierre Abou Khater, la musique, amie des hommes et consolatrice en tous lieux, est une réponse à un appel d’amour.

Tout de blanc vêtue, Elizabeth Sombart, une pianiste à l’allure d’Ophélie.

Salle pleine et atmosphère un peu gala à l’Auditorium Abou Khater avec de gracieuses placeuses débutantes et bénévoles qui s’embrouillent avec les listes d’invités, les rangées et les numéros des sièges. Mais la musique est au rendez-vous à l’heure et le programme sagement concocté – surtout pour la part orchestrale qui ne laisse pas d’empreinte particulière sur l’auditeur – inclut des pages de Mozart et de Chopin.
Petite ouverture avec Der Shauspieldirektor (Le directeur de théâtre) K486 du génie de Salzbourg. Une œuvre gaie, aux premières mesures émoustillantes et charmantes (non sans rappeler l’ouverture presto des Noces du Figaro) d’une brève narration empreinte de légèreté, de spontanéité et de cette féerie particulière qui fait toute l’insaisissable magie mozartienne.
Pour prendre le relais, la présence d’Elizabeth Sombart, fondatrice et présidente de l’Orchestre Solidaire Résonnance, placé sous la direction de Diego Miguel-Urzanqui, qui lui donne ici la réplique dans ce torrentiel Concerto n° 2 en fa mineur op 21 de Frédéric Chopin.
Les cheveux relevés au haut de la tête avec une barrette, toujours élégante, toute vêtue de blanc, avec une écharpe sur l’épaule qu’elle jette par la suite négligemment au bout du tabouret où elle est assise, sans oublier de poser des pieds nus sur la pédale avec des sandales qu’elle ramassera discrètement en fin de prestation.
Trois mouvements (maestoso, larghetto et allegro vivace) pour traduire toute la mélancolie, la poésie murmurante, les remous romantiques et les élans passionnés du plus grand prince du clavier.
Opus d’une grande puissance sonore dédié à la comtesse Delphine Potocka et donné pour la première fois à Varsovie en 1830, ce concerto, par son brio et son lyrisme impétueux, a toujours les faveurs de l’auditoire. Presque deux siècles plus tard, il reste un des moments les plus troublants quand on écoute ses orages et ses embellies, ses rêveries éthérées et ses morsures meurtrières, ses arpèges échevelés et ses grappes de notes aux accords riches, torturés et somptueux. Un dialogue entre orchestre et cordes du clavier mais où le piano reste d’une dominance majeure dans sa force éruptive et incantatoire.
Petite pause et à nouveau la voix du Pèlerin polonais à travers l’Andante Spianato et la Grande polonaise brillante op 22 pour piano et orchestre. Notes diaphanes et opalescentes pour une inspiration éminemment romantique, emportée et teintée d’une humeur ténébreuse mais où luit une certaine lumière, où vacille un certain espoir. Arcanes sonores oscillants entre scintillements d’étoiles et mugissements passionnés, entre cris du cœur et méditation grave pour une partition enfiévrée qui donne, avec fougue et lyrisme, priorité au clavier. Un clavier habité d’absolue féerie.
Pour terminer, la plus célèbre et populaire des œuvres de Mozart (et de loin la plus jouée) et l’on nomme la Symphonie n° 40 en sol mineur KV550. Paradoxalement, écrite dans des circonstances de tristesse par le compositeur de La flûte enchantée, cette œuvre diffuse aujourd’hui sérénité et euphorie avec ses quatre mouvements (molto allegro, andante, menuetto et allegretto) alternant vivacité, joyeuses cadences et douces mesures comme pour mieux respirer et prendre l’air du large...
Tonnerre d’applaudissements pour les jeunes musiciens (espagnols et quelques libanais) qui tirent en toute modestie et simplicité la révérence devant une rampe ornée d’un collier de fleurs blanches. En bis, une sémillante Danse hongroise de Johannes Brahms (pourquoi justement Brahms, est-ce parce que le manuscrit de la Symphonie n° 40 a appartenu pour un certain temps au fidèle chevalier servant de Clara Schumann ?), suivie d’un air tout en circonvolutions vives et rythmées de Strauss.
Dans la morosité sociale ambiante de cette rentrée, voilà le talent et le maniérisme délicat d’une pianiste à l’allure d’Ophélie, voilà un bouquet de notes qui met du baume sur le cœur. Que demander de plus ?
Salle pleine et atmosphère un peu gala à l’Auditorium Abou Khater avec de gracieuses placeuses débutantes et bénévoles qui s’embrouillent avec les listes d’invités, les rangées et les numéros des sièges. Mais la musique est au rendez-vous à l’heure et le programme sagement concocté – surtout pour la part orchestrale qui ne laisse pas d’empreinte particulière sur l’auditeur – inclut des pages de Mozart et de Chopin.Petite ouverture avec Der Shauspieldirektor (Le directeur de théâtre) K486 du génie de Salzbourg. Une œuvre gaie, aux premières mesures émoustillantes et charmantes (non sans rappeler l’ouverture presto des Noces du Figaro) d’une brève narration empreinte de légèreté, de spontanéité et de cette féerie particulière qui fait toute l’insaisissable magie mozartienne.Pour prendre le...
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