"Notre position est que (le projet de résolution sur la Syrie) est la continuation de la politique concernant la Libye prévoyant un changement de régime", a expliqué devant la presse Vitali Tchourkine, dans une critique de l'action de l'Otan qui a contribué à la chute de Mouammar Kadhafi.
"Regardons les choses en face, nous avons entendu des déclarations dans différentes capitales qui décrivent ce qui est légitime et ce qui ne l'est pas et nous pensons que cette façon de penser et de parler encourage la violence en Syrie", a-t-il ajouté.
Les pays européens ont remis mardi au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution qui prévoit des menaces de sanctions contre le gouvernement syrien plutôt que des sanctions immédiates.
Rédigé par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Portugal, ce projet de résolution vise à surmonter la menace d'un veto de la Russie et de la Chine, deux membres permanents du Conseil de sécurité.
Selon une copie du projet de résolution obtenue par l'AFP, le Conseil de sécurité exigerait la "fin immédiate de toute violence" du gouvernement syrien contre la contestation.
Le Conseil "exprime sa détermination, dans le cas où la Syrie ne se conforme pas à cette résolution, à adopter des mesures ciblées, y compris des sanctions", ajoute le texte.
Les Etats-Unis soutiennent le projet européen. "Nous voulons une résolution dure (...) un message très, très fort au régime syrien", a commenté à Washington la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, lors de son point de presse quotidien.
Mme Nuland, pressée de questions, n'a pas employé le mot "sanction".
La Russie et la Chine ont menacé d'opposer leur veto à toute sanction proposée au Conseil de sécurité contre le régime syrien. Le Conseil de sécurité s'est contenté jusque-là d'une déclaration sur la répression des manifestations en Syrie qui, selon l'ONU, a fait plus de 2.700 morts depuis mars dernier.
La Russie a de son côté fait circuler son propre projet de résolution qui, selon des diplomates, se borne à condamner la violence en Syrie d'où qu'elle vienne.
"Nous pensons que (ce projet russe de résolution) est quelque chose qui, s'il est adopté par le Conseil, encouragera le processus politique en Syrie, et contribuera à arrêter la violence", a ajouté M. Tchourkine.


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