A la suite de la réunion du bloc du changement et de la réforme aujourd’hui, le chef du bloc et député Michel Aoun, s’est attaqué au leader des Forces libanaises, Samir Geagea, qui avait critiqué, dans un discours samedi, l’alliance des minorités. Affirmant que ceux qui défendent l’alliance des minorités ne font que prôner en réalité celle "des forces minoritaires de l’argent et de la répression", M. Geagea s’était étonné, samedi, du fait qu’au moment où les peuples arabes mènent un combat pour la liberté et la démocratie, rejoignant ainsi les valeurs défendues par les chrétiens, ces derniers, ou plutôt une partie d’entre eux, s’emploient à "défendre les forces de la répression".
"Qui a parlé de l’alliance des minorités ?", a demandé Michel Aoun, lors de sa conférence de presse. Geagea l’a inventé, a-t-il ajouté. En tout cas, "il n’existe pas de majorités au Liban (…) pays des minorités", a-t-il précisé. "Dans notre entente avec le Hezbollah, nous avons parlé de société consensuelle" et nous ne pouvons parler de majorité et de minorité que "lorsque le citoyen devient important lui-même", et non pas parce qu'il appartient à une communauté, a poursuivi le député.
En réponse à une question sur la loi électorale, le député a affirmé que son parti veut une loi qui "nous fait avancer vers la citoyenneté".
Par contre, "les minorités sont en danger en Syrie où il y a une majorité et une minorité et les Américains eux-mêmes l’ont reconnu", a déclaré Michel Aoun. Mais les États-Unis veulent imposer le chaos en Syrie, a-t-il ajouté.
En ce qui concerne la demande déposée vendredi dernier par Mahmoud Abbas pour que la Palestine devienne membre à part entière de l’ONU, le chef du bloc du changement et de la réforme a rappelé que "la Palestine a été divisée en 1948, à la suite d’une épuration raciale et d’une confiscation de ses terres" et qu’en 1963, une partie du peuple palestinien a été obligée de quitter son pays. "L’ONU a adopté des résolutions qui n’ont pas été respectées par Israël", qui a poursuivi la colonisation de toute la Palestine, a-t-il ajouté. "Aujourd’hui, l’ONU se tait devant ce crime perpétré par Israël contre le peuple palestinien alors qu’elle est responsable de la création d’Israël", a-t-il encore déclaré, en précisant que l’ONU commettra un autre crime en refusant de reconnaître un État palestinien. Si l’ONU est incapable de reconnaître la Palestine même dans les frontières de 1967, alors à quoi sert-elle, a demandé le député.
Par ailleurs, le député a rappelé qu’il a porté plainte contre le quotidien al-Joumhouriya pour avoir déformé un câble de Wikileaks sur son parti et il a critiqué le quotidien al-Moustaqbal pour les mêmes raisons. "Nous avons publié les câbles intégralement", a-t-il ajouté en précisant que son parti ne cache pas ses actions et déclarations et qu’il n’en a pas honte. Les leaders devraient dire ce qu’ils ont à dire publiquement et il faut arrêter les mensonges, a-t-il encore déclaré.
En ce qui concerne les questions économiques et sociales, Michel Aoun a affirmé que son bloc a présenté une proposition de loi sur le gaz à la commission de l’Energie et des Travaux publics mais que celle-ci est bloquée par le chef de la commission (le député Mohammad Kabbani). Il a ajouté que son bloc présentera prochainement une proposition de loi sur la sécurité sociale.
"Qui a parlé de l’alliance des minorités ?", a demandé Michel Aoun, lors de sa conférence de presse. Geagea...

