Les notes du discours du Premier ministre israélien. Mario Tama/Getty Images/
Au lendemain des discours de Mahmoud Abbas et de Benjamin Netanyahu devant l'Assemblée générale de l'ONU, les presses israélienne et palestinienne commentaient samedi la teneur des propos des deux dirigeants.
Dans le Haaretz, l'éditorialiste Yoel Marcus estime que le Premier ministre israélien "ne rate pas une occasion de rater une occasion", détournant la fameuse citation que l'ancien diplomate israélien Abba Eban utilisait en parlant des Palestiniens. "S'ils voulait réellement parvenir à un accord (avec M. Abbas), il aurait pu le faire en dépit de tous les obstacles, écrit M. Marcus. Mais comment faire avec un père centenaire qui ne lui a toujours pas pardonné d'avoir laissé tomber le projet du Grand Israël, une épouse qui ne facilite pas le chemin pour un accord et un milieu politique qui s'oppose aux décisions impliquant tout compromis sur les territoires ?" "L'initiative palestinienne n'est pas tombée du ciel, poursuit l'éditorialiste israélien. Nous aurions pu l'affronter avant qu'il ne soit trop tard. (…) Mais alors qu'on était occupé à fournir des masques anti-gaz en préparation à l'éventualité d'une attaque à Tel Aviv, à Ramallah, les Palestiniens se préparaient à mener une vie civique normale."
Le Yediot Aharonot, un autre journal israélien, s'est penché quant à lui sur le style du président de l'Autorité palestinienne, le comparant à celui de Yasser Arafat. "Dans son discours, qui a touché les populations du monde arabe, M. Abbas a réussi à transformer la faiblesse militaire des Palestiniens en une force diplomatique, note Ido Zelikowich. La demande d'adhésion à l'ONU va à présent entraîner une série de luttes diplomatiques qui pourraient porter un coup à l'influence américaine dans les pays arabes".
Du côté palestinien, le discours "historique" de Mahmoud Abbas a été salué et applaudi, à Ramallah comme à Gaza.
Pour le journal al-Qods, "les propos d'Abou Mazen à l'ONU ont redonné un souffle au peuple palestinien qui avait perdu tout espoir en l'avenir". "Cependant, note encore le journal basé à Ramallah, la balle est maintenant dans le camp des Américains. Washington doit choisir entre la protection de ses intérêts dans la région et son soutien à l'occupation. En préservant le statu quo, les Américains seront sans aucun doute les plus grands perdants, mais cela, l'administration d'Obama ne l'a peut-être pas encore compris…"
Un avis que partage le journal "Samidoun", proche du Hamas, qui note "qu'en dépit des divergences d'opinion avec Mahmoud Abbas, on ne peut nier que le discours qu'il a prononcé était courageux et défiant". "M. Abbas a mis les points sur les i et a réussi à refléter les malheurs des Palestiniens de manière civilisée et avec beaucoup de dignité, écrit le journal gazaoui. Ce discours représente une feuille de route, (…) et c'est pour cela qu'il ne faut pas tarder à traduire les paroles en actes, tout en s'assurant que tous les points évoqués soient appliqués à la lettre sur le terrain."
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Dans le Haaretz, l'éditorialiste Yoel Marcus estime que le Premier ministre israélien "ne rate pas une occasion de rater une occasion", détournant la fameuse citation que l'ancien diplomate israélien Abba Eban utilisait en parlant des Palestiniens. "S'ils voulait réellement parvenir à un accord (avec M. Abbas), il aurait pu le faire en dépit de tous les obstacles, écrit M. Marcus. Mais comment faire avec un père centenaire qui ne lui a toujours pas pardonné d'avoir laissé tomber le projet du Grand Israël, une épouse qui ne facilite pas le chemin pour un accord et un milieu politique qui s'oppose aux décisions...


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