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Mounir Kamel, villageois dans l’âme

Amère constatation de voir que, dès que quelqu’un pense, à un âge avancé, revenir au village qui l’a vu naître, il se rapproche plus rapidement de son cimetière !
Ayant quitté Wadi Chahrour dès son jeune âge pour s’installer à Beyrouth d’où son père pouvait développer encore plus ses affaires qui commençaient à devenir florissantes, Mounir Kamel, habité depuis longtemps par la nostalgie de son enfance heureuse, a décidé il y a un an de réhabiliter à Wadi Chahrour la maison familiale abandonnée depuis six décennies. Nous nous sommes alors battus ensemble contre tous les prétendus interdits administratifs pour rendre à la pierre son éclat et couvrir la terrasse de cette belle tuile rouge de Marseille qui continue de coiffer nos vieilles et nos nouvelles demeures.
La maladie l’a attaqué juste après, lui a donné un répit de quelques mois et vient de l’emporter brutalement.
J’ai commencé à bien le connaître il y a une quinzaine d’années et l’on s’est mutuellement appréciés.
« Kamel » ? personne ne l’est, mais Mounir, à mes yeux, s’en rapprochait de son mieux.
Il avait été formé pour diriger la tannerie la plus importante que le Proche-Orient ait connue dans les années 60. La guerre de 1975 l’obligera cependant à l’arrêt, mais il continuera de flirter avec tous les métiers du cuir, son premier amour.
Homme d’affaires avisé, industriel acharné mais villageois jusqu’à la moelle dans toute la noblesse et la beauté de ce qualificatif, Mounir Kamel était aussi et surtout un homme de cœur.
Généreux comme savent l’être les grands, il couvrait discrètement de ses larges ailes tous ceux de sa proche famille restés à Wadi qui le sollicitaient.
Son village était son jardin de prédilection et il y revenait souvent pour parcourir, à pied, ses terres et y rêver de projets à la mesure de ses ambitions.
Avec Raymond, son cousin germain qui nous a quittés il y a quatre mois, Wadi Chahrour perd deux de ses piliers orthodoxes mais profondément œcuméniques dont il avait tant besoin.
Cher Mounir,
Le projet des escaliers architectoniques qui t’a passionné, la route à laquelle tu as rêvé, celle qui libère les hommes et leur ouvre de nouveaux horizons, nous les réaliserons en ta mémoire : ce sera notre manière de nous rappeler que tu es toujours parmi nous.    

 

Jean B. ESTA.

Amère constatation de voir que, dès que quelqu’un pense, à un âge avancé, revenir au village qui l’a vu naître, il se rapproche plus rapidement de son cimetière ! Ayant quitté Wadi Chahrour dès son jeune âge pour s’installer à Beyrouth d’où son père pouvait développer encore plus ses affaires qui commençaient à devenir florissantes, Mounir Kamel, habité depuis longtemps par la nostalgie de son enfance heureuse, a décidé il y a un an de réhabiliter à Wadi Chahrour la maison familiale abandonnée depuis six décennies. Nous nous sommes alors battus ensemble contre tous les prétendus interdits administratifs pour rendre à la pierre son éclat et couvrir la terrasse de cette belle tuile rouge de Marseille qui continue de coiffer nos vieilles et nos nouvelles demeures.La maladie l’a attaqué juste après, lui...