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La Palestine à l'ONU, décryptage

Obama dans une position très inconfortable

Eclairage En 2010, le président américain avait dit espérer un accord israélo-palestinien dans l'année "qui nous mènera à accueillir un nouveau membre des Nations unies : un État de Palestine indépendant, vivant en paix avec Israël".
OLJ/Agences
15/09/2011

Le président américain a affirmé que la démarche des Palestiniens à l’ONU pour obtenir la reconnaissance de leur Etat constituait une "diversion" qui ne résoudrait pas le problème du conflit au Proche-Orient. Son administration a prévenu qu'elle opposerait son veto à cette initiative au Conseil de sécurité. Dans le même temps, elle s'est lancée dans une opération de la dernière chance pour dissuader les Palestiniens de réclamer un statut de membre à part entière, en envoyant deux émissaires dans la région le 13 septembre.

La Maison Blanche a refusé de s'exprimer sur les conséquences d'un veto. Mais il serait problématique pour un président qui ambitionnait d'améliorer les relations entre son pays et le monde arabo-musulman, mises à l'épreuve ces dix dernières années. En juin 2009, il avait plaidé au Caire pour un "nouveau départ" avec les musulmans et assuré que "les États-unis ne se détourner(aient) pas des aspirations légitimes des Palestiniens pour la dignité (...) et un État à eux". Un an plus tard, il avait fait sensation à la tribune de l'ONU en espérant un accord israélo-palestinien dans l'année "qui nous mènera à accueillir un nouveau membre des Nations unies : un État de Palestine indépendant, vivant en paix avec Israël".

 

Pancarte brandie par des manifestants le 7 septembre dernier, lors d’une manifestation

à Ramallah (Cisjordanie) contre la visite d’envoyés européens et américains venus

discuter de l’initiative palestinienne à l’ONU. Photo AFP/Abbas MOMANI

 

 

L'espoir s'est rapidement dissipé dans l'échec des négociations pourtant relancées début septembre 2010 à la Maison Blanche, après qu'Israël eut refusé de prolonger le gel de la colonisation, une condition préalable finalement abandonnée par Washington. Les relations entre M. Obama et Benjamin Netanyahu sont restées notoirement difficiles : le 20 mai, le Premier ministre israélien avait infligé un camouflet au président en rejetant sa proposition d'un État palestinien sur la base des lignes de l'armistice de 1967.

Mais un veto à l'ONU compromettrait aussi les liens entre M. Obama et le président palestinien Mahmoud Abbbas et risquerait de renforcer les éléments palestiniens les plus radicaux.


Conjugué aux conséquences des révoltes qui agitent le monde arabe depuis le début de l'année, un veto pourrait être dommageable à l'image des États-unis, souligne Marwan Moasher, ancien ministre jordanien des Affaires étrangères devenu membre de la Fondation Carnegie pour la paix. "Les États-unis doivent comprendre que (le Moyen-Orient) est une nouvelle région (...). Ils ne peuvent plus dire ‘si vous êtes Libyens, Egyptiens ou Syriens, nous soutenons votre liberté, mais pas si vous êtes Palestiniens’. L'argument ne tient pas", explique-t-il à l'AFP.

 

Pour Robert Malley, de l'International Crisis Group, l'administration Obama est elle-même divisée entre ceux qui craignent qu'un veto ne représente "un développement extrêmement négatif en terme d'image, de réputation et de confiance dans le monde arabe pour les États-unis", et ceux qui assurent que "cela ne va pas provoquer le genre de catastrophe diplomatique que d'autres prédisent".

 

A cette question déjà épineuse vient se greffer celle des relations entre Washington et ses soutiens dans la région. Dans une tribune publiée lundi par le New York Times, l'ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, le prince Turki al-Fayçal, a sommé Washington de soutenir la demande palestinienne, faute de quoi selon lui Ryad "ne sera plus en mesure de poursuivre sa collaboration avec les États-unis comme il l'a fait par le passé".

 

M. Obama, candidat à sa réélection en novembre 2012, est affaibli par une économie qui menace de retomber dans la récession et vulnérable aux attaques des républicains qui mettent en doute son soutien à Israël et menacent de couper l'aide aux Palestiniens.

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