A Hama (centre), ville traditionnellement hostile au régime d'Assad, les manifestants criaient "Nous voulons une protection internationale", brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Bachar, game over" (Bachar, la partie est terminée) ou encore "Le peuple veut exécuter le président et sa bande", selon une vidéo postée vendredi par des militants sur YouTube.
"Vive la Syrie libre!", scandaient des manifestants à Homs (centre), également selon une vidéo postée sur le site YouTube. "L'armée syrienne est traîtresse", criaient-ils, en référence au rôle joué par l'armée dans la répression aux côtés des forces de sécurité.
La veille, les contestataires avaient lancé un appel à manifester sous le slogan "Vendredi de la protection internationale" sur leur page Facebook "The Syrian revolution 2011".
"Les Syriens demandent à l'ONU d'adopter une résolution pour une mission d'observateurs permanents en Syrie", ont-ils écrit. "Nous réclamons l'entrée d'observateurs internationaux, nous réclamons l'entrée des médias internationaux".
Les médias internationaux ne sont pas autorisés à couvrir librement les événements dans le pays.
Les militants ont à plusieurs reprises exprimé leur refus d'une intervention militaire étrangère en Syrie pour protéger la population civile comme c'est le cas en Libye, tout en dénonçant le "silence" international face à la répression sanglante de leur mouvement depuis près de six mois.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), d'énormes manifestations ont débuté après la prière de vendredi des mosquée de Deir Ezzor (est), en dépit d'un important déploiement des forces de sécurité.
Dans la capitale Damas, où la mobilisation est moins forte que dans d'autres villes, plus de 150 personnes manifestaient dans le quartier de Barza, scandant des slogans pour une protection internationale, pour la chute du régime et en soutien à Homs, visée depuis plusieurs jours par des opérations musclées, toujours selon l'OSDH.
Selon une vidéo postée sur YouTube, des pancartes brandies par les manifestants à Barza demandaient à la Russie et à la Chine de cesser de soutenir "ce régime en voie de disparition". Ces deux pays se sont toujours montrés réticents à l'idée d'une condamnation ou de sanctions de l'ONU.
Dans la capitale, des manifestations ont également eu lieu dans les quartiers de Hajar al-Aswad, Kfar Soussa et al-Midane.
Dans le village d'al-Eama, à Jabal al-Zawiya (nord-ouest), un adolescent de 15 ans a été tué par des tirs de soldats postés à un point de contrôle.
Selon l'ONU, les violences quasi-quotidiennes en Syrie ont fait au moins 2.200 morts depuis le début des manifestations à la mi-mars, en majorité des civils. Le régime soutient en revanche qu'il lutte contre "des bandes terroristes armées".

