"Il y a un accord de principe" entre les experts des Vingt-Sept sur l'interdiction des investissements pétroliers européens en Syrie en raison de la poursuite de la répression violente des manifestations pacifiques par le régime, a déclaré un de ces diplomates à l'AFP, "aucune délégation nationale n'a exprimé d'opposition".
"Mais les discussions se poursuivent sur les modalités" avant de pouvoir finaliser la mesure, a-t-il précisé. Une autre source diplomatique a confirmé qu'un consensus avait à présent émergé sur cette sanction. De nouvelles discussions préparatoires sont prévues à ce sujet jeudi à Bruxelles.
L'idée est de ne bannir que les nouveaux contrats. Ceux déjà existant pourraient perdurer.
Le géant pétrolier français Total est une des principales compagnies étrangères en Syrie avec l'anglo-néerlandaise Shell et la chinoise CNPC.
Total, qui poursuit actuellement ses activités de production en Syrie, a extrait 14.000 barils de pétrole brut du sol syrien en 2010 et l'équivalent de 25.000 barils équivalents pétrole de gaz naturel, soit seulement 1,6% de sa production totale.
Le groupe français, numéro cinq mondial du secteur, a commencé ses activités de production dans le pays en 1988, près de Deir ez-Zor sur les rives de l'Euphrate (est).
La production syrienne totale était l'an dernier de 387.000 barils de pétrole et ses exportations d'environ 110.000 barils.
L'interdiction de tout nouvel investissement dans le secteur pétrolier syrien, qui pourrait être finalisée la semaine prochaine, viendrait s'ajouter à un embargo européen sur les importations et le négoce de pétrole syrien déjà décrété la semaine dernière.
"L'idée est de faire entrer en vigueur les (nouvelles) sanctions pour qu'elles coïncident avec l'Assemblée générale de l'ONU" à New York, qui débute le 13 septembre, a indiqué l'un des diplomates.
Elles feraient partie d'un septième train de sanctions de l'UE contre Damas, incluant aussi le gel d'avoirs d'au moins cinq "entités" supplémentaires liées au régime de Damas, selon les sources diplomatiques.
Parmi elles, une chaîne de télévision syrienne pourrait être visée, selon l'une des sources, qui n'a pas pu préciser son nom. Les discussions portent aussi sur une compagnie de télécommunications syrienne.
"Nous travaillons avec nos partenaires européens sur un septième train de sanctions dont je comprends à ce stade qu'il visera des entités économiques qui, à un titre ou à un autre, sont liées à cette répression quotidienne qui dure depuis des mois contre les manifestants en Syrie", a déclaré à ce sujet mardi à Paris le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Interrogé par l'AFP, le ministre syrien des Finances, Mohamed Jleilati, a reconnu mercredi que "le commerce et l'industrie seront affectés par les sanctions" déjà prises par l'UE "car la plupart des exportations de la Syrie sont destinées à l'Europe".

